« Treize ans, ça fait 13 ans qu’on cherche, qu’on fouille, qu’on perquisitionne en France, en Suisse, au Liban, en Libye, qu’on auditionne, qu’on place en garde à vue, qu’on met en examen. Treize ans qu’on accumule les tomes, et il y en a aujourd’hui plus de 60. » C’est ainsi que l’un des quatre conseils de Nicolas Sarkozy, Christophe Ingrain, a début sa plaidoirie, mercredi 27 mai, au dernier jour du procès en appel sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. « Treize ans qu’on cherche par tous les moyens, par toutes les forces, d’impliquer Nicolas Sarkozy dans ce roman grotesque », a poursuivi l’avocat.
Selon Christophe Ingriain, il existe « des hypothèses à la pelle », et pour « combler les carences, le recours à cette infraction de sauvetage qu’est l’association de malfaiteurs », pour laquelle l’ancien président de la République a été condamné en première instance. A l’issue des plaidoiries des quatre avocats de Nicolas Sarkozy, la décision sera mise en délibéré : elle est attendue le 30 novembre. Suivez notre direct.
Sept ans d’emprisonnement requis contre Nicolas Sarkozy. Le parquet général a réclamé, le 13 mai, la condamnation de l’ancien président à sept ans de prison, 300 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour association de malfaiteurs, financement illégal de campagne, recel de détournement de fonds publics libyens et corruption, demandant à la cour « de le sanctionner à la hauteur de la gravité des faits ». Des réquisitions similaires à celles du Parquet national financier en première instance.Une défense fragilisée par Claude Guéant. Après avoir remis en doute la probité de son ancien collaborateur, en incapacité de comparaître à ce procès en appel pour des raisons de santé, Nicolas Sarkozy a vu sa défense fragilisée. Claude Guéant a produit deux attestations qui remettent en cause la version de Nicolas Sarkozy. « Je n’ai jamais fait que servir de mon mieux le ministre, puis le président, suivre ses instructions », a appuyé Claude Guéant, assurant que l’ancien président avait mis sur la table le sort judiciaire du terroriste Abdallah Senoussi, cerveau de l’attentat du DC-10 commis en 1989, pour obtenir des fonds publics libyens pour financer sa campagne.Condamné à cinq ans de prison en première instance. Nicolas Sarkozy a écopé de cinq ans de prison pour association de malfaiteurs à l’issue du premier procès, mais a été relaxé des trois autres infractions pour lesquelles il était jugé. Cette condamnation l’a conduit à une incarcération de vingt jours à la prison de la Santé à Paris. Ses plus proches collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux, qui ont également fait appel, avaient eux aussi été condamnés.
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