La cour d’appel de Paris pouvait mettre un terme à un feuilleton judiciaire vieux de dix-huit ans. Elle ne l’a pas fait. Mercredi 6 mai, les juges ont infirmé le non-lieu prononcé le 21 août 2025 contre Agathe Habyarimana, la femme de Juvénal Habyarimana, ancien président hutu du Rwanda dont l’assassinat, le 6 avril 1994, fut l’élément déclencheur du génocide des Tutsi dans le pays. La cour d’appel a estimé que l’instruction devait reprendre contre l’ancienne première dame, exilée en France, et poursuivie pour des faits imprescriptibles constitutifs de « complicité de génocide et de crimes contre l’humanité ».
Une plainte avait été déposée en 2008 par plusieurs ONG, dont la Fédération internationale pour les droits humains, l’association Survie et le Collectif des parties civiles pour le Rwanda. Agée de 83 ans, la veuve de l’ancien président rwandais – dont l’avion fut abattu par deux missiles tirés du sol au-dessus de l’aéroport de Kigali, dans des conditions jamais élucidées – reste pour l’instant libre.
Dans l’ordonnance de non-lieu du 21 août 2025, les juges avaient considéré qu’Agathe Habyarimana (Kanziga, de son nom de jeune fille) ne pouvait pas être poursuivie pour complicité de génocide, et qu’elle n’avait pas non plus « participé à une entente » en vue de la commission du génocide des Tutsi, qui a fait entre 800 000 et un million de morts, entre avril et juillet 1994.
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Source:
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