
Les vidéos sont d’une extrême violence. Sur l’une d’elles, publiée dans un groupe Telegram russe le 29 avril, on aperçoit, en plein jour, un corps calciné et découpé, sous les encouragements de civils. Une autre montre, en gros plan, un cadavre entouré par des hommes. Il est en flammes. Ces images, difficiles à authentifier, circulent dans plusieurs boucles de messageries depuis l’offensive conjointe, le 25 avril, au Mali, du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida, et du Front de libération de l’Azawad (FLA), un mouvement de combattants indépendantistes touareg.
Les victimes seraient membres des populations peules et touareg. Ce qui laisse craindre un regain de persécutions à l’égard de ces communautés, soupçonnées d’être complices des djihadistes et des indépendantistes, du fait de la présence de nombre de leurs membres dans les mouvements armés.
Signe notable de ce climat de peur, aucun chercheur ou membre d’organisations de la société civile n’a accepté de témoigner à visage découvert, par peur de représailles. Un défenseur des droits des Peuls, contacté par téléphone, affirme avoir reçu « plusieurs signalements » de disparitions depuis le 25 avril dans la zone de Kati, ville-garnison située aux portes de Bamako, la capitale. C’est dans ce fief du pouvoir militaire malien que le général Sadio Camara, ministre de la défense, a été tué lors d’une attaque kamikaze, le jour de l’assaut terroriste.
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Source:
www.lemonde.fr

