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Pour l’économiste Hippolyte d’Albis, la guerre des générations peut être évitée

Voilà un essai qui risque de déplaire à ceux qui adorent opposer vieux et jeunes, boomeurs et générations X, Y ou Z, retraités aisés et primo-actifs déclassés et précarisés… A toutes ces idées largement exposées et débattues, notamment depuis la période du Covid-19, où l’on aurait « sacrifié » la jeunesse pour sauver les plus âgés de la maladie, Hippolyte d’Albis, chef économiste de l’inspection générale des finances et professeur à l’Essec, oppose des contre-arguments avec une rigueur toute scientifique, dans son nouvel ouvrage, Economie des âges de la vie (Odile Jacob, 318 pages, 23,90 euros).

Première démonstration : ce n’était pas mieux avant. Le chercheur a travaillé avec son équipe sur une comptabilité originale, qui définit et quantifie « l’ensemble des transferts qui sous-tendent les liens entre les générations », qu’ils émanent de l’Etat, de la famille ou du marché – alors que les chiffres habituellement cités dans le débat public ne concernent que les transferts publics. Et la conclusion est donc que, non, « ce n’était pas mieux avant ».

Chaque génération, démontre Hippolyte d’Albis, a vu son niveau de vie s’améliorer par rapport à la précédente : en revanche, cette hausse du niveau de vie s’amenuise depuis une quinzaine d’années, accompagnant le ralentissement tendanciel de la croissance économique. De même que chaque génération – du moins en France, pour le moment – vit plus longtemps et en meilleure santé que la précédente.

Elargir le cercle des travailleurs

Deuxième démonstration : il est absurde de comptabiliser les transferts publics tels que les pensions de retraite que reçoivent les anciens, sans mettre en balance ce qu’ils transmettent à leur tour à leur progéniture. « Quand on voit l’extrême attention que les parents accordent à leurs enfants, à leurs études, à leur bonheur, l’accusation d’égoïsme à l’endroit des générations futures relève de la pure calomnie », s’agace l’auteur. A cela il faut ajouter, rappelle-t-il, ce que l’Etat consacre aux politiques publiques en faveur des jeunes.

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Source:

www.lemonde.fr

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