La liste des victimes collatérales de la guerre de Donald Trump et de Benyamin Nétanyahou contre l’Iran n’en finit plus de s’allonger. A la fragilisation de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) par le président des Etats-Unis et au blocage des échanges qui va faire d’un conflit local une crise économique mondiale, il faut désormais ajouter la cohésion de la rive arabe du Golfe. Cette dernière donnait des signes alarmants bien avant le 28 février, mais le départ brutal des Emirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le 28 avril, que le pouvoir saoudien a manifestement appris par la presse, a confirmé qu’une guerre froide golfienne va probablement peser durablement sur le Proche et le Moyen-Orient.
Il y a tout juste quinze ans, le géant saoudien et son second émirati en matière de richesse et d’influence avaient pourtant résisté côte à côte à la vague des « printemps arabes » portée par une jeunesse décidée à renverser des dictatures ossifiées. Leur contre-révolution opiniâtre avait triomphé, enterrant les espoirs d’une démocratisation empêchée.
La même dépendance vis-à-vis des Etats-Unis en matière de sécurité, le souci commun de neutraliser diplomatiquement une menace iranienne constante, le même soin apporté à l’entretien des meilleures relations possibles avec la Chine, pour ne pas parler de la même conception autoritaire de l’Etat et du souci identique de limiter chez soi le poids de l’islam politique auraient dû servir de socle commun pour les deux principales pétromonarchies du Golfe. Cette entente était d’autant plus importante à l’heure du glissement de l’influence arabe du Levant vers la péninsule Arabique.
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