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Hantavirus : les passagers du navire de croisière attendent d’être fixés au large du Cap-Vert ; l’identification de la souche se précise

L’identification de la souche se précise. Un passager du MV « Hondius », le navire de croisière à bord duquel se trouve un possible foyer de hantavirus, est infecté par « la souche des Andes », qui est transmissible entre humains, a fait savoir le ministre de la santé sud-africain, Aaron Motsoaledi, mercredi 6 mai.

« Les premiers tests montrent qu’il s’agit bien de la souche des Andes. Il s’agit de la seule souche, parmi les 38 connues, à pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre », a expliqué le ministre devant une commission parlementaire.

Trois personnes, un couple de Néerlandais et une Allemande qui ont voyagé à bord du MV « Hondius », sont mortes depuis le début de la croisière, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le navire reliait Ushuaïa, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert, au large de la côte ouest africaine.

Le bateau est pour sa part toujours immobilisé au large du Cap-Vert, d’où il doit faire route vers les îles Canaries après l’évacuation médicale de trois cas suspects. Battant pavillon néerlandais, le navire mouille depuis dimanche près du port de Praia, la capitale cap-verdienne, avec 88 passagers et 59 membres d’équipage de 23 nationalités. Les trois cas suspects devaient être débarqués au port de Praia dans la nuit de mardi à mercredi, avant d’être conduits par ambulance à l’aéroport pour être évacués, selon l’OMS.

Des personnes vêtues de tenues de protection médicale se sont rendues en vedette près du MV « Hondius » mardi soir, ont constaté des journalistes de l’AFP. Et des images diffusées par l’AFP montraient un bateau-ambulance transportant des malades vers le port de Praia.

Vue aérienne d’un bateau-ambulance transportant des membres d’équipage du MV « Hondius », arrivant au port de Praia, le 5 mai 2026.

Selon Ann Lindstrand, représentante de l’OMS au Cap-Vert, il s’agit de « deux membres d’équipage malades avec des symptômes » – mais dont l’état est « stable » et qui n’ont pas besoin d’être hospitalisés – et d’une personne qui a été en « contact proche » avec un malade et « a développé une légère fièvre ».

L’OMS avait indiqué que les deux membres d’équipage étaient de nationalité britannique et néerlandaise. Une infection à hantavirus peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

Accueil incertain des Iles Canaries

Juste après ces premières évacuations, le MV « Hondius » doit prendre la direction des îles Canaries, où il arrivera d’ici « 3 à 4 jours », a annoncé tard mardi soir le ministère espagnol de la santé, après plusieurs heures de doute sur son futur itinéraire, précisant dans un communiqué que le port d’arrivée n’avait « pas encore été défini ». « Une fois sur place, l’équipage et les passagers seront dûment examinés, pris en charge et transférés vers leurs pays respectifs », a poursuivi cette source.

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Autre détail, à la suite d’une « demande officielle » des Pays-Bas, le médecin du MV Hondius, « qui se trouve dans un état grave », « sera transporté aux Canaries dans un avion médicalisé aujourd’hui », a également indiqué le ministère espagnol.

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Toutefois, selon le quotidien El Pais, le président des îles Canaries a démenti avoir donné son accord pour accueillir le navire et demandé une réunion d’urgence avec le premier ministre espagnol Pedro Sanchez.

Le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions, qui a indiqué qu’« aucun nouveau cas symptomatique » n’avait été identifié à bord, a annoncé que les deux malades, « nécessitant actuellement des soins médicaux d’urgence » ainsi que « la personne proche du passager décédé le 2 mai », seront évacués vers les Pays-Bas à une date non précisée.

Virus des Andes

A ce stade, l’OMS suppose qu’un ou plusieurs premiers cas « ont été infectés en dehors du navire » par le virus et qu’il y a eu ensuite « une transmission interhumaine », a déclaré Maria Van Kerkhove, qui dirige le département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l’OMS. Toutefois, a-t-elle précisé, il faut que des individus soient vraiment très proches pour se contaminer. « Le risque pour le grand public est faible. Il ne s’agit pas d’un virus qui se propage comme la grippe ou le Covid-19. »

Après la contamination d’un Britannique, l’organisation a confirmé lundi celle d’une passagère néerlandaise de 69 ans, décédée le 26 avril, pour un bilan revu à deux cas confirmés et cinq autres suspects. L’OMS a précisé que des recherches avaient été lancées pour « retrouver les passagers » du vol Sainte-Hélène – Johannesburg emprunté par cette Néerlandaise.

Le navire de croisière MV Hondius, à l’arrêt au large du Cap-Vert, le 6 mai 2026.

Selon l’autorité sanitaire de la province argentine de la Terre de Feu, dont Ushuaïa est la capitale, le MV « Hondius » avait fait l’objet des contrôles de rigueur avant son départ de cette ville. Elle a également jugé « très improbable » que la maladie ait été contractée localement.

Selon Mme Van Kerkhove, de l’OMS, « le séquençage est actuellement en cours » en Afrique du Sud « et nous espérons obtenir un résultat prochainement », a-t-elle déclaré, ajoutant que l’« hypothèse de travail » était celle d’un virus des Andes, le seul hantavirus connu pour lequel une transmission interhumaine limitée entre contacts a été documentée. Une hypothèse confirmée par les dernières déclarations du ministre de la santé sud-africain.

Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr

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