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L'objectif était "de préparer les esprits à la privatisation de l'audiovisuel public", déplore le président de la commission d'enquête

Le rapport du député ciottiste Charles Alloncle a été rendu public mardi. Fusions de chaînes, économies sur les jeux et les sports, nominations par l’Élysée…, figurent parmi ses 80 recommandations.


Publié le 05/05/2026 10:01



Mis à jour le 05/05/2026 10:54

Temps de lecture : 2min

Le députée ciottiste Charles Alloncle (à gauche) et Jérémie Patrier-Leitus, lors des auditions de la commission d’enquête sur l’audiovisuel publique à l’Assemblée nationale, le 1er avril 2026. (Aurelien Morissard / MAXPPP / MAXPPP)

L’objectif de cette commission d’enquête était « de préparer les esprits à la privatisation de l’audiovisuel public », assure mardi 5 mai sur France Culture Jérémie Patrier-Leitus, député Horizons et président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Le rapport du député UDR Charles Alloncle, issu d’une commission d’enquête de l’Assemblée, a été rendu public mardi, et formule 80 recommandations, avec pour objectif d’effectuer un milliard d’euros d’économies.

Selon Jérémie Patrier-Leitus, cette commission est « l’échec politique » de Charles Alloncle. « Alors même que son rapport n’était pas encore public, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont indiqué vouloir privatiser l’audiovisuel public », poursuit-il. Il estime que Charles Alloncle, député UDR, parti proche du RN, « ne peut pas s’extraire de ces alliances politiques ». « Il se défend de vouloir privatiser (…), dit qu’il est attaché à certaines antennes (…), mais il ne peut pas se départir de ses choix politiques », affirme Jérémie Patrier-Leitus, jugeant qu' »il n’a pas réussi à les convaincre » de la nécessité d’un audiovisuel public « puissant, fort, souverain ».

Pour Jérémie Patrier-Leitus, « la privatisation n’a aucun sens et elle est même dangereuse ». Il met en garde contre ses conséquences sur l’ensemble du secteur, estimant que « l’audiovisuel privé serait durement fragilisé », alors même que le service public assure « des missions que le privé ne peut pas accomplir », notamment « la qualité, le pluralisme, l’indépendance de l’information ».

Il insiste également sur le rôle économique structurant de l’audiovisuel public. Il rappelle que « France Télévisions est l’un des premiers financeurs du cinéma, des documentaires » et considère qu’une privatisation « reviendrait à fragiliser (…) la création culturelle, la création artistique ». L’élu souligne en outre l’importance démocratique et culturelle du service public, évoquant « la capacité d’offrir aux Français une ouverture sur le monde, une ouverture à la réflexion », à l’image de France Culture. « C’est un pilier de notre démocratie, l’audiovisuel public. Le fragiliser d’une certaine manière, c’est fragiliser durablement la démocratie », dit-il.

Le rapport intègre également les 40 propositions de Jérémie Patrier-Leitus, qui défend une orientation différente. Il plaide notamment pour une réorganisation de l’audiovisuel public, évoquant l’idée d’un pilotage unifié. Selon lui, « on a besoin aujourd’hui d’un pilotage de cet audiovisuel public, d’une gouvernance commune. Est-ce que c’est la fusion ? Est-ce que c’est la holding ? Est-ce que c’est une coordination au niveau du ministère de la Culture ? Je ne le sais pas », déclare-t-il.

Enfin, le député exprime ses réserves sur certaines recommandations du rapport. « Il y a des propositions » de Charles Alloncle « que je regrette », dit Jérémie Patrier-Leitus. « Couper dans les programmes est une mauvaise chose. Aujourd’hui, il propose 1 milliard d’euros d’économies sur les programmes. Si on veut un audiovisuel public souverain, il ne faut pas toucher aux programmes », explique-t-il.


Source:

www.franceinfo.fr

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