Vous avez raison, cette augmentation sur le papier de la production de pétrole ne pourra très probablement pas se matérialiser en production supplémentaire, du moins dans l’immédiat : les principales capacités inexploitées de l’OPEP+ se trouvent dans les pays du Golfe, dont les exportations sont obstruées par le blocage du détroit d’Ormuz, orchestré par l’Iran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Parmi les pays de l’OPEP+ qui sont soumis à des quotas, la production « est tombée à 27,68 millions de barils par jour en mars », alors que l’addition de leurs quotas pour ce même mois représentait 36,73 millions de barils par jour, « soit un déficit d’environ 9 millions de barils par jour », a souligné Priya Walia, analyste chez Rystad Energy, auprès de l’Agence France-Presse.
Le choc est essentiellement réparti entre l’Arabie saoudite, l’Irak, le Koweït et, bien sûr, les Emirats arabes unis, dont la production ne sera plus comptabilisée parmi celles de l’alliance en raison du retrait des émirats de l’OPEP. L’Iran est membre de l’OPEP+, mais n’est pas soumis à des quotas.
C’est à la Russie, le deuxième plus gros producteur du groupe, que profite le plus la situation, avec des prix très élevés de l’énergie. Mais elle semble avoir déjà bien du mal à produire au niveau de ses quotas actuels. Son industrie pétrolière fait face au désinvestissement des Occidentaux depuis le début de la guerre déclenchée par son invasion de l’Ukraine en 2022, et une production régulièrement entravée par des frappes de drones ukrainiens.
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