Le jeune prodige tricolore a officialisé, lundi, sa participation à la Grande Boucle, son premier Grand Tour.
Publié le 04/05/2026 14:57
Mis à jour le 04/05/2026 15:09
Temps de lecture : 4min
La grande annonce et déjà le bal des questions. Sensation du début de saison sur la planète cyclisme, Paul Seixas a officiellement annoncé, lundi 4 mai, sa participation à la prochaine édition du Tour de France (4-26 juillet), dans une vidéo touchante publiée sur les réseaux sociaux de sa formation.
Le Lyonnais va donc découvrir, à 19 ans seulement, la Grande Boucle, épreuve reine du cyclisme, dans ce qui constituera également son premier Grand Tour. « Un Grand Tour, et spécialement le Tour de France, c’est une préparation, c’est un grand saut. C’est trois semaines et 3 500 kilomètres de course, 40 000 m de dénivelé positif », résumait fin avril Yoann Offredo, consultant France Télévisions. Un rendez-vous au cours duquel il va devoir relever les défis et éviter les pièges inhérents à une première participation, surtout assortie des attentes et de la pression qui l’accompagnent.
Le coureur Decathlon-CMA CGM va d’abord devoir apprendre à apprivoiser le peloton d’une course de trois semaines, encore totalement inconnu pour lui. Depuis le début de sa carrière professionnelle, sa plus longue course a pour l’instant duré huit jours, sur le Critérium du Dauphiné (devenu Tour Auvergne-Rhône-Alpes) en 2025. Pour Lilian Calmejane, consultant France Télévisions et cinq participations au Tour de France sous la pédale, le principal défi du jeune français résidera dans la découverte de « la pression du peloton » qui « frotte » et « la vitesse ». « Ça va lui faire quand même bizarre la première semaine de sentir en course cette pression où on doit tout le temps être bien placé, où ça frotte beaucoup, où il faut être vraiment très alerte pendant trois semaines », estime-t-il. « Il va quand même devoir être très focus. Et ça peut bouffer un peu de jus, à 19 ans, quand on ne l’a jamais vécu. »
Surtout que le parcours d’un Grand Tour comme le Tour de France est toujours jalonné d’aléas et d’imprévus tout au long des trois semaines de course, qui ont forcément un impact sur la façon d’appréhender la course. « Ce qui m’intéresse, c’est de voir s’il va avoir du sang froid parce que sur le Tour il y aura forcément une fois où il sera dans une bordure, une fois où il sera pris dans une chute… », avance Lilian Calmejane. « De voir avec une telle précocité et un si jeune âge, comment il va gérer ces situations-là. Et de voir comment il va réagir quand la fatigue et quand les nerfs seront mis à rude épreuve. »
Et si la décision favorable de l’aligner au grand départ à Barcelone laisse entendre que le récent vainqueur de la Flèche wallonne a les jambes pour résister à l’épreuve, la question physique et physiologique va rester une inconnue jusqu’au bout, rappelle le consultant : « Comment il va récupérer sur trois semaines, comment il va assimiler tout ça, c’est sûr que c’est une inconnue, même lui n’a pas la réponse à tout ça. » Dans une optique de préparation, Paul Seixas sera aligné sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, du 7 au 15 juin, moins d’un mois avant le départ du Tour de France, et où il avait terminé huitième l’an passé.
Mais les défis vont aussi se trouver hors de la route et du parcours, notamment sur le plan des sollicitations de toutes sortes, démultipliées à la mesure de l’importance de l’épreuve. « Le Tour de France, ce n’est pas uniquement faire du vélo », prévenait ainsi l’ancien coureur Pierre Rolland sur le plateau de La Chaîne L’Equipe fin avril. « Le Tour de France, ce sont les sollicitations du matin au soir, être réveillé à 6 heures parce que tu as un contrôle antidopage, répondre aux médias le matin, le soir après l’étape, contrôle le soir, contrôle à nouveau à l’hôtel le soir, donc on peut être contrôlé trois fois par jour quand on est cycliste. Ça, ça s’apprend. »
Au cœur de l’attention, le phénomène français, déjà sept victoires au compteur en 2026, est devenu le premier tricolore à remporter une course World Tour par étapes depuis 2007 sur le Tour du Pays basque. Il va donc devoir supporter les attentes des supporters et de tout un pays toujours en quête de son prochain champion.
Mais rien qui ne changera vraiment de ses habitudes, estime de son côté Lilian Calmejane : « Il est déjà confronté à cette machine-là depuis trois ans, surtout depuis cette année. Sur le protocole, il a l’habitude d’être beaucoup sollicité, d’avoir son attaché de presse à ses côtés depuis cette année. C’est un garçon qui, même du haut de ses 19, est déjà coutumier du fait de ces protocoles, d’aller sur un podium après l’étape, signer les autographes, faire une conférence de presse […] C’est son quotidien. »
ça va forcément lui mettre un petit poids sur les épaules, surtout sur le Tour, c’est assez redondant. Mais pour moi, mentalement par rapport à ça, il est armé.
Lilian Calmejane, consultant France Télévisionsà franceinfo: sport
L’intéressé, pas perturbé par son ascension météorique depuis le début de la saison et qui semble encaissé tout ce qui lui arrive sans sourciller, a annoncé arriver sur la route du Tour avec des « objectifs ambitieux » et pour viser « le meilleur classement possible ». Une vision partagée par le directeur général de sa formation, Dominique Serieys, pour qui Seixas vivra l’expérience « avec beaucoup d’humilité » et « dans une logique d’apprentissage ». Rendez-vous en juillet prochain.
Source:
www.franceinfo.fr

