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« Réduire les dépenses d’éducation pour coller à la démographie scolaire serait coûteux à long terme »

De quoi donner le vertige : selon les projections publiées le 8 avril par le ministère de l’éducation nationale, le ralentissement de la natalité entraînera une baisse de 1,7 million d’élèves dans les écoles, collèges et lycées d’ici à 2035. Dans un contexte budgétaire contraint, il est tentant d’y voir une occasion inespérée de réduire les dépenses d’éducation. Un tel choix serait pourtant coûteux à long terme, dans la mesure où les dépenses éducatives comptent parmi les investissements publics les plus rentables.

Selon une note du Conseil d’analyse économique parue en mai 2025, un large éventail de politiques éducatives s’autofinance à long terme : l’amélioration des acquis scolaires qu’elles permettent se traduit, en effet, in fine par des salaires plus élevés (un gain privé pour les élèves concernés), qui génèrent à leur tour des recettes fiscales dont le montant dépasse le plus souvent les coûts initialement supportés par l’Etat.

Généralisation des programmes de tutorat en primaire, réduction de la taille des classes, développement de la formation continue des enseignants, revalorisation des rémunérations : les leviers d’action sont nombreux et largement complémentaires. La réduction de la taille des classes mérite une attention particulière : alors que les classes françaises sont parmi les plus chargées d’Europe, la diminution des effectifs d’élèves permettrait de les alléger sans alourdir la dette publique.

La progression du privé

Dans une étude de l’Institut des politiques publiques publiée en juin 2025, nous avons chiffré l’arbitrage économique entre réduction des effectifs d’enseignants et diminution de la taille des classes. Le calcul plaide nettement en faveur de la seconde option : pour chaque euro net dépensé par l’Etat, près de 9 euros seraient gagnés par la société à long terme, sans compter les gains liés à l’amélioration des conditions de travail des enseignants ni les externalités sociales de l’éducation, notamment en matière de santé, de civisme ou de délinquance.

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Source:

www.lemonde.fr

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