AccueilSociétéImmigration« La baisse de...

« La baisse de la démographie scolaire doit être l’occasion du relèvement de l’éducation nationale »

La baisse de 1,7 million d’élèves d’ici à 2035, telle qu’annoncée par le ministère de l’éducation nationale le 8 avril, ne produira pas d’elle-même une amélioration de notre école. En revanche, elle rend inévitable l’ouverture d’une délibération sur les priorités que nous voulons donner à notre système éducatif. L’ampleur du choc oblige en effet à sortir des abstractions. Dans le seul premier degré, les 933 000 élèves en moins représentent l’équivalent de 7 000 écoles. L’ordre de grandeur financier est tout aussi décisif. La baisse projetée représente, à horizon 2035, près de 16 milliards d’euros de dépenses redéployables, soit une enveloppe de 1 à 2 milliards d’euros supplémentaires chaque année. Une telle trajectoire oblige notre pays à former un projet pour l’école, en énonçant ce qu’il veut protéger et ce qu’il accepte de transformer.

Pour commencer, la baisse démographique va permettre de sortir d’un recrutement subi, du fait du trop faible nombre de candidats. Depuis plusieurs années, l’école française ne sélectionne plus ceux à qui elle confie ses élèves. Dans le second degré, le nombre de candidats au Capes a chuté de plus de 60 % en vingt ans. Dans le premier degré, le décrochage est plus brutal encore, avec une académie de Créteil qui est passée de plus de quatre candidats par poste en 2009 à seulement… un. Avec la baisse des effectifs scolaires, la tentation pourrait être d’interrompre brutalement le recrutement. Ce serait une faute : si l’enseignement apparaît comme un métier qui se ferme, les candidats s’en détourneront. L’école perdra alors son vivier et, avec lui, la sélectivité garante du prestige républicain de la profession. D’autant que la baisse des effectifs ne supprime pas l’enjeu du renouvellement générationnel, la part des agents de plus de 60 ans devant atteindre 16 % d’ici à 2035.

La deuxième priorité doit être la revalorisation ciblée des enseignants. Augmenter indistinctement les rémunérations représenterait un effort budgétaire massif qui ne garantirait rien : ni la transformation des pratiques pédagogiques, ni l’amélioration du niveau des élèves. En France, la rémunération des enseignants est nettement inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE en début et en milieu de carrière. C’est là que l’effort doit porter, pour élargir le vivier de candidats, et améliorer durablement la qualité de l’enseignement.

Il vous reste 60.7% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source:

www.lemonde.fr

Annonce publicitairespot_img

Catégories