A Jérusalem, un homme de 36 ans a été interpellé, vendredi 1er mai, par la police israélienne après avoir agressé une religieuse française de 48 ans, mercredi près du tombeau de David, au sud de la Vieille Ville. Filmée par des caméras de surveillance, l’attaque montre la victime violemment poussée au sol puis frappée, avant l’intervention d’un passant. Chercheuse à l’Ecole biblique et archéologique française, elle a été légèrement blessée.
Les images, largement diffusées, témoignent d’une agression brutale en pleine rue. L’agresseur, identifiable à ses tsitsit – franges qui dépassent des vêtements portées par certains juifs pratiquants – a été rapidement arrêté.
L’affaire a suscité une réaction immédiate de la diplomatie française. Sur X, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré que « l’auteur de cet acte odieux a été arrêté » en appelant une « sanction exemplaire pour que cessent les actes antichrétiens qui se multiplient en Terre sainte et que la France, attachée à sa mission historique de protection des communautés et lieux saints catholiques, ne peut en aucun cas tolérer ». Le ministre français a également exprimé son soutien à « notre compatriote religieuse à Jérusalem ».
« Phénomène croissant »
Sur X également, le directeur de l’école française de recherches bibliques et archéologiques à Jérusalem, Olivier Poquillon, a qualifié l’attaque d’« acte de violence sectaire ». Cette arrestation intervient alors que le traitement des minorités religieuses en Israël est scruté de près, quelques semaines après que la police a limité l’accès aux lieux de culte pour les fêtes religieuses aux musulmans comme aux chrétiens, jusqu’au patriarche latin, le cardinal Pierbattista Pizzaballa.
La vieille ville de Jérusalem-Est, annexée par Israël, est une enclave fortifiée séculaire, bâtie sur des millénaires d’histoire et abritant certains des lieux les plus sacrés pour les juifs, les chrétiens et les musulmans. Elle est un point névralgique des tensions, car l’accès à ces sites et leur propriété sont profondément liés aux revendications historiques et politiques qui sont au cœur du conflit israélo-palestinien.
Source:
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