À partir du 1er mai, une free party géante a rassemblé des milliers de participants dans le département du Cher. Le Teknival de Bourges, organisé sans validation de la préfecture, s’est installé sur un champ de tir militaire et a attiré entre 17 000 et 40 000 personnes. Conformément aux ordres de Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, opposé aux raves parties et free parties, beaucoup d’entre elles ont été verbalisées en masse.
Publié le : 03/05/2026 – 22:08
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La communiqué des organisateurs, présenté sous la forme d’un faux arrêté préfectoral, annonçait déjà la couleur : le Teknival, ce rassemblement XXL d’amoureux de musique techno, allait se tenir… près de Bourges, ville natale du ministre de l’Intérieur de France, qui veut justement pénaliser davantage les free parties (fêtes gratuites et géantes, semblable aux rave parties). Un véritable pied-de-nez à Laurent Nuñez, qui s’est rendu dimanche 3 mai aux abords du terrains occupés par les fêtards depuis vendredi.
Face à la presse, le ministre de l’Intérieur s’est montré ferme : « Ça ne fait que me renforcer dans la conviction qui est la mienne de continuer à porter un projet de loi qui s’appelle »Ripost » et qui comporte une partie consacrée aux raves parties », a-t-il déclaré. Il a précisé qu’« organiser une rave party, maintenant, sera un délit puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende ».
Des contrôles et des amendes
Dimanche, de nombreux participants ont quitté le site, contrôlés par les gendarmes à l’un des 14 points mis en place autour du terrain. Tous ont été verbalisés, conformément aux consignes du ministre, « à double titre » : pour avoir pénétré sur un terrain militaire et pour avoir participé à un rassemblement illégal. Certains endroits du champs de tir du Polygone peuvent contenir des munitions non-explosées, comme l’indiquent des panneaux qui quadrillent la zone, même si aucune barrière physique n’en limite l’accès.
Montant de l’amende forfaitaire pour les fêtards : 300 euros. Certains disaient s’y attendre. Une festivalière, désignée sous le nom de Caro auprès de l’AFP, n’avait ainsi pas de grief à l’égard des membres des forces de l’ordre intervenus sur le site : « Ils ne sont pas méchants, ils sont cools. » Sam, un autre teufeur, s’est lui montré philosophe : « Il n’y a pas mort d’homme, donc 300 balles, c’est le jeu. »
Le champ de tir, utilisé depuis plus d’un siècle, présente malgré tout des risques. L’alerte de la préfecture quant à la possible présence de munitions non explosées s’est vérifiée : deux obus ont été découverts au cours du week-end, nécessitant l’intervention de démineurs.
Sur place, les réactions étaient variées ; certains riverains ont dénoncé les nuisances et les risques, évoquant notamment des embouteillages ou des comportements inadaptés, tandis que d’autres ont estimé que fêtards n’avaient « rien fait de mal ». Les élus locaux ont émis des inquiétudes sur l’état du site après le départ des festivaliers. Certains participants ont assuré faire attention et organiser des opérations de nettoyage.
Selon Laurent Nuñez, 337 « rassemblements musicaux illégaux » ont été recensés en 2025. La plupart ont réuni quelques centaines de personnes ; seuls 4% ont dépassé le millier de participants.
Source:
www.rfi.fr

