AccueilÉconomie« Je trouvais que...

« Je trouvais que c’était sale, voire vulgaire, d’aller négocier comme un marchand de tapis » : les jeunes actifs tentent de faire imploser le tabou des rémunérations

Chaque année, Jérémie (le prénom a été changé, comme pour l’ensemble des personnes témoignant sans leur patronyme), 26 ans, ingénieur d’études chez EDF, s’adonne à des paris avec ses collègues : lequel d’entre eux va recevoir une augmentation ? A qui va-t-elle échapper ? Pour ne pas pronostiquer à l’aveuglette, ils ont consigné dans un tableur le niveau de rémunération de chacun permettant de se situer sur la grille de l’entreprise, la date de la dernière augmentation, son montant, etc.

« On a décidé de partager ces infos parce que ça permet d’éviter de cacher les disparités quand certains collègues sont récompensés et d’autres pas, explique le Lyonnais. Quelques-uns ont refusé de se prêter au jeu, voire trouvaient ça puéril – en général, c’étaient les plus âgés, autour de la cinquantaine. Parmi ceux de moins de 35 ans, on n’a essuyé aucun refus pour l’instant. » Son manageur direct, « plutôt jeune et cool », n’a pas bronché. « Mais, au niveau supérieur, notre initiative n’est pas très bien vue. Et certains N + 1 de moins de 35 ans refusent de participer au jeu », nuance Jérémie, constatant qu’au sein de son unité, qui compte un millier de personnes, l’effort de transparence n’a pas essaimé.

Il vous reste 85.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source:

www.lemonde.fr

Annonce publicitairespot_img

Catégories