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The Black Keys – Peaches!

Le temps de dix nouvelles reprises, le duo américain The Black Keys renoue avec l’essence même du rock et du blues.

Trouver refuge aux maux personnels dans son activité professionnelle, Dan Auerbach n’est évidemment pas le premier à en choisir l’option. Pas la première fois non plus qu’il s’enferme avec son éternel complice chez The Black Keys, Patrick Carney, dans son quartier général d’Easy Eye, à la sortie de Nashville, pour qui se souvient que ça avait déjà été le cas avec No Rain, No Flowers, né d’un, hum, besoin urgent après une fin de collaboration houleuse avec une équipe de management, parce que tout ce petit monde avait vu un peu trop grand et peut-être trop cher.

Cette fois-ci, c’est l’inexorable et rapide déclin de son père diagnostiqué d’un cancer de l’œsophage et qu’il avait recueilli chez lui qui a amené Auerbach à se changer les idées et à s’enfermer à nouveau dans son antre, à plonger dans son imposante collection de disques comme dans celle de Carney, où ils vont souvent puiser quand ils animent des soirées derrière des platines de DJ. L’étape suivante sera d’en établir une liste, de convier quelques fidèles grognards et de graver le tout dans des conditions aussi live que possible.

Dix reprises, donc, rêches, sans artifice aucun sinon une technologie sans commune mesure aujourd’hui avec celle dont devaient se contenter les pionniers du rock et du blues ainsi réveillés, pour bon nombre d’entre eux, de l’anonymat dans lequel la grande histoire les avait plongés. Du cru et du sale au niveau du son (pas trop quand même, on est entre gens bien élevés ici !), quitte à ce que le mixage final soit un cauchemar, du propre aveu de Carney. Ce que l’on retient de l’autre côté du spectre est cette rage, cette agressivité dans la guitare d’Auerbach, qui prend ici une tout autre dimension et qui tranche avec le sentiment parfois qu’il peaufine par trop son affaire.

Dans le choix des morceaux, on ne sera guère étonné que les caciques du hillbilly blues made in Mississippi R.L. Burnside (“Fireman Ring the Bell”) et Junior Kimbrough (“Nobody But You Baby”), vénérés par la paire, soient à nouveau honorés. Il en ira autrement avec le “défouraillage” de l’antique “Tomorrow Night” qu’avaient déjà cherché à apprivoiser en leur temps Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Tom Jones ou Bob Dylan. Atomisé jadis par Dr. Feelgood, “She Does It Right” a toujours fière allure, tandis que le “It’s a Dream” de Neil Young ou le “Tell Me You Love Me” s’ornent de nouvelles couleurs au teint. Au-delà de l’acrimonie qu’ils peuvent entretenir les uns vis-àvis des autres, Jack White et The Black Keys gardent en commun d’être de formidables et précieux passeurs de relais du patrimoine rock et blues.

Xavier Bonnet

Retrouvez cette chronique sur The Black Keys dans notre n°182, disponible en kiosque et via notre boutique en ligne.

Peaches! est disponible

Voici la tracklist :

Where There’s Smoke, There’s Fire
Stop Arguing Over Me
Who’s Been Foolin’ You
It’s A Dream
Tomorrow Night
You Got To Lose
Tell Me You Love Me
She Does It Right
Fireman Ring The Bell
Nobody But You Baby


Source:

www.rollingstone.fr

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