A quoi ressemblera l’Europe sans la présence militaire et politique des Etats-Unis ? Les Européens feraient bien de commencer à se préparer à cette éventualité, car il ne fait plus aucun doute que le président américain, Donald Trump, souhaite mettre fin à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et qu’il est en bonne voie d’y parvenir. La seule question qui reste est de savoir s’il retirera officiellement les Etats-Unis de l’OTAN ou s’il se contentera de la vider de sa substance par la négligence et le mépris.
Quoi qu’il en soit, la dissolution de l’Alliance a déjà commencé. Des structures aussi anciennes et éprouvées que l’OTAN ne s’effondrent généralement pas en un jour ni par un seul acte. Elles s’érodent plutôt à mesure que la confiance dans leurs engagements fondamentaux – à savoir la défense mutuelle – s’amenuise.
C’est précisément ce qui s’est produit au cours du second mandat de Trump, d’autant plus que les Européens se sont abstenus de se joindre à sa guerre désastreuse de son fait au Moyen-Orient. Pendant ce temps, malgré l’engagement supposé du Parti républicain à maintenir une défense américaine forte, aucune figure majeure du parti n’a dénoncé Trump pour les dommages irréversibles qu’il a causés.
Tout au long de la guerre froide et de la période qui a suivi, la présence américaine en Europe a été le facteur décisif de la sécurité et de la stabilité interne du continent. Les Etats-Unis ont garanti la paix et la prospérité qui ont permis l’intégration économique et, en fin de compte, la création de l’Union européenne (UE).
Mais Trump et son mouvement MAGA [Make America Great Again] se moquent éperdument de cette histoire. Pour des raisons à peine cohérentes, ils nourrissent une profonde hostilité envers l’UE et sont déterminés à ramener l’Europe à l’ère du nationalisme autodestructeur.
Livrée à elle-même
C’est un objectif dangereusement erroné, étant donné que son succès finirait par affaiblir considérablement les Etats-Unis et les isoler davantage. Mais de tels arguments n’ont aucun poids sur Trump. A la suite de la défaite électorale [le 12 avril] de son allié illibéral en Hongrie, Viktor Orban, il sera encore plus enclin à laisser les Européens se débrouiller seuls.
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Source:
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