Distancé en championnat et éliminé au stade des demi-finales de Coupe de France, le club alsacien joue sa saison sur la Ligue Conférence, dont il dispute la demi-finale aller, jeudi.
Publié le 30/04/2026 06:00
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Gagner : c’est l’objectif du RC Strasbourg depuis le départ en Ligue Conférence. Une ambition qui peut surprendre au regard de la réussite des clubs français en coupe d’Europe, mais qui n’a rien d’un fantasme. Et pour cause : le RC Strasbourg a terminé premier de la phase de ligue de la plus petite des coupes d’Europe. « Ce n’est pas un message, c’est juste normal quand tu travailles dur. Il faut continuer maintenant. L’objectif en Europe, c’est de gagner », assumait ainsi Martial Godo à l’issue de la première phase.
Depuis, le Racing a facilement écarté les Croates du HNK Rijeka en huitièmes, avant de se hisser en demi-finale au terme d’une remontada impressionnante en quarts de finale contre Mayence. De là à déjà s’imaginer soulever le trophée à l’issue de la finale, le 27 mai prochain à Leipzig ? Pas encore. Car aussi étincelant soit-il sur la scène européenne, le RC Strasbourg doit se méfier du Rayo Vallecano, chez qui il se déplace en demi-finale aller de Ligue Conférence, jeudi 30 avril. Il y joue toute sa saison, à la suite de son élimination contre Nice en Coupe de France, et après avoir été distancé en championnat.
Sur le papier, le rapport de force de cette demi-finale penche en faveur des Alsaciens face au modeste club de la banlieue de Madrid, 11e de Liga et qui – comme le RCSA – dispute la première demi-finale européenne de son histoire. Avec un budget deux fois plus élevé, Strasbourg fait office de favori, avec un effectif estimé à 362 millions d’euros, contre 107 millions d’euros pour le Rayo Vallecano, selon le site spécialisé Transfermarkt. En dehors du défenseur roumain Andrei Ratiu (estimé à 18 millions d’euros), le club madrilène ne compte d’ailleurs aucune star, là où le RCSA déborde de jeunes cracks qui aiguisent les appétits de gros clubs européens.
L’effectif alsacien n’est pas pléthorique pour autant. Ce qui a obligé le club à faire des choix, à savoir prioriser la Coupe de France et la Ligue Conférence, plutôt que la Ligue 1, pour arracher une place en Ligue Europa la saison prochaine. Ce qui ne se fera pas par la Coupe de France donc. En cas d’échec sur la scène européenne, le RCSA serait donc fanny. « Ce risque existe pour tout le monde. C’est une saison normale de ne pas remporter de trophée pour la plupart des équipes. On a rencontré des difficultés mais c’est comme cela qu’on apprend. On va récupérer et cette défaite va nous donner du carburant pour se battre », a toutefois dédramatisé Gary O’Neil, entraîneur anglais du Racing.
« On a une demi-finale aller de Ligue Conférence, avec encore la possibilité d’écrire l’histoire du club. Cette défaite face à Nice doit nous servir de carburant et nous motiver encore plus. […] On va tout faire pour que cette saison soit quand même mémorable. »
Gary O’Neil, entraîneur du RCSA
Outre le strapontin pour la Ligue Europa, et le prestige de devenir le troisième club français vainqueur d’une coupe d’Europe après l’OM (C1 en 1993) et le PSG (C2 en 1996, C1 en 2025), le RC Strasbourg joue une partie de son budget pour la saison prochaine. Car si la Ligue Conférence ne rapporte pas autant que ses grandes sœurs, une victoire finale ferait monter le pactole européen de l’année à 20 millions d’euros pour le RCSA (déjà 12 millions avec cette demi-finale), soit un cinquième de son budget. Ce qui, dans le contexte précaire des droits TV français, est capital.
Avant de parler gros sous, il faut toutefois se défaire du Rayo Vallecano, club fondé en 1924 dans un quartier ouvrier du sud de Madrid, et qui a passé plus de temps dans les divisions inférieures qu’en Liga, où il s’est stabilisé depuis cinq ans (record égalé). Avec un titre de champion de deuxième division au palmarès, et une seule autre épopée européenne à son actif (jusqu’en quart de finale de Ligue Europa en 2001, après avoir été qualifié via le prix du fair-play de l’UEFA), le Rayo ne fait pas figure d’épouvantail, sur le papier.
La réussite relative des clubs français en coupe d’Europe invite toutefois à la modestie, notamment face à celle des clubs espagnols, souvent au rendez-vous. D’autant que le Rayo Vallecano a tous les traits de l’équipe capable de gros coups, avec un jeu offensif audacieux, et des contres aussi foudroyants que le mythique éclair qui barre son maillot domicile. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ses deux meilleurs buteurs sont les ailiers Alvaro Garcia et Jorge De Frutos, qui a d’ailleurs été appelé en sélection espagnole cette saison, devenant le deuxième joueur du club à connaître cet honneur.
Surtout, le Rayo Vallecano s’est fait une spécialité de faire trembler les cadors au Nuevo Estadio de Vallecas, son enceinte champêtre de 15 000 places, avec trois tribunes seulement. Rien que cette saison, le FC Barcelone (1-1) et le Real Madrid (0-0) s’y sont cassé les dents, tandis que l’Atlético de Madrid y a sombré (0-3). En six sorties européennes cette année, le Rayo n’y a d’ailleurs perdu qu’une fois (0-1 en huitième de finale retour contre Samsunspor, après un succès 3-1 à l’aller). Il reste d’ailleurs sur une victoire 3-0 contre l’AEK Athènes, un des autres favoris de la compétition. Strasbourg est prévenu.
Source:
www.franceinfo.fr


