Contrainte de quitter l’Ukraine au début de la guerre, en février 2022, la chercheuse Olena Melnyk, spécialiste des sols, a conduit un projet avec plusieurs institutions académiques britannique, suisse et ukrainienne pour documenter l’état des terres à proximité de la ligne de front.
Que sait-on aujourd’hui de la pollution du sol en Ukraine ?
Le tiers des terres agricoles, près de 14 millions d’hectares, est potentiellement affecté par des mines, des munitions non explosées et des polluants. Mais nous n’avons pas observé de pollution uniforme des sols. Certaines zones sont fortement polluées, mais la contamination chimique est souvent localisée. Dans les zones non minées, le sol reste propre à l’agriculture sous réserve d’un suivi, de restrictions et d’un choix des cultures. Je suis plutôt optimiste.
Comment votre étude s’est-elle mise en place ?
Quand la guerre a éclaté, en février 2022, j’étais chercheuse à l’Université nationale agraire de Soumy [à 30 kilomètres de la frontière avec la Russie]. La ville était encerclée par les troupes russes et j’ai dû fuir avec mes enfants. Actuellement, je suis chercheuse associée à la Haute Ecole des sciences agronomiques, forestières et alimentaires, à Berne, en Suisse. Le lendemain de la libération de Soumy, le 4 avril 2022, les agriculteurs voulaient savoir si leur sol était cultivable. Mes collègues ukrainiens ont prélevé 20 premiers échantillons de sol sur des terres ayant subi des attaques de missiles et de roquettes. Nous les avons analysés en Suisse et en Ukraine avec différentes méthodes.
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Source:
www.lemonde.fr


