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Le marathon sous les deux heures : comment expliquer ce nouveau record du monde à plus de 21 km/h de moyenne ?

En 2019, Eliud Kipchoge était passé sous la barre des deux heures, en 1h59’40 », mais son record n’avait pas été homologué par la Fédération internationale d’athlétisme en raison de conditions particulières, avec de nombreux lièvres qui se relayaient.


Publié le 27/04/2026 13:58

Temps de lecture : 3min

Sabastian Sawe, vainqueur du marathon de Londres, entouré par Yomif Kejelcha (à gauche) et Jacob Kiplimo (à droite), le 27 avril 2026. (JUSTIN TALLIS / AFP)

Pas un, pas deux, mais trois hommes, en dessous du précédent record du monde de Kelvin Kiptum sur le marathon (2h00’35 »), dont deux passent sous la barre mythique des deux heures. Le Kényan Sabastian Sawe et l’Ethiopien Yomif Keljecha ont réussi cet exploit, dimanche 27 avril, à Londres, un marathon pourtant censé être moins propice pour les records que celui de Berlin. Mais les dernières évolutions des chaussures de course, et la nutrition, peuvent en partie expliquer ces performances. 

Sabastian Sawe ne s’y est pas trompé en posant avec ses chaussures à la main, devant les médias, pour fêter son record du monde en 1h59’30 ». Il était équipé, comme Yomif Kejelcha, deuxième, des dernières Adidas Adizero Adios Pro Evo 3, des chaussures de course pesant moins de 100 grammes (vendues pour 500 euros à partir du 30 avril au grand public). Tigist Assefa, qui a amélioré son record du monde chez les femmes en 2h15’41 » les portait également.

Ces chaussures, composées d’une plaque de carbone et d’une semelle en mousse, permettent un meilleur amorti et un retour d’énergie optimal pour la propulsion. « Il y a une course à l’optimisation du matériel, il y a une recherche de performance et une bataille entre les équipementiers depuis 2019, observe Christelle Daunay, championne d’Europe de marathon en 2014, interrogée par franceinfo: sport. Ces chaussures permettent aussi de mieux récupérer parce qu’il y a moins de chocs, donc les athlètes font plus de kilomètres et d’intensité à l’entraînement ».

Sabastian Sawe montre sa chaussure, qui a en partie permis son record du monde, sur le marathon de Londres le 26 avril 2026. (JUSTIN TALLIS / AFP)

Sabastian Sawe montre sa chaussure, qui a en partie permis son record du monde, sur le marathon de Londres le 26 avril 2026. (JUSTIN TALLIS / AFP)

Selon son entraîneur Claudio Berardelli, Sabastian Sawe a couru en moyenne 200 kilomètres par semaine lors des six dernières semaines, avec un pic à 241 kilomètres. 

S’il a déclaré aux médias avoir pris « deux morceaux de pain, du thé et du miel » au petit-déjeuner, Sabastian Sawe a aussi été suivi par l’un de ses sponsors spécialiste de la nutrition sportive. Avant la course, il a dû habituer son corps à ingérer de grandes quantités de glucides – qui permettent de résister aux efforts prolongés – sans se rendre malade.

Selon l’un de ses nutritionnistes, cité par le média spécialisé Citius Mag, il a bu une boisson et ingéré un gel riches en glucides quelques minutes avant la course. Puis il a bu une boisson d’effort tous les cinq kilomètres, en plus d’un gel caféiné au 20e kilomètre. Il a ainsi consommé environ 115 grammes de glucides par heure, tandis que les recommandations prévoient en général une soixantaine de grammes de glucides à ingérer par heure. Avant la course, le Kényan a également consommé du bicarbonate de soude, qui a pour propriété de neutraliser l’accumulation d’acide lactique.

Avant Sabastian Sawe, il fallait remonter à 2002, et le Marocain Khalid Khannouchi pour trouver la trace d’un record du monde de marathon battu à Londres chez les hommes. « C’est un parcours assez plat, donc rapide, même si ce n’est pas le plus rapide, contrairement à Chicago ou Berlin. Mais la météo était idéale dimanche, avec une température de 10 degrés au départ et très peu de vent. Sabastian Sawe aurait pu passer sous les deux heures déjà à Berlin en 2025, mais il faisait très chaud et ça l’avait perturbé », explique Christelle Daunay. 

En plus de ces conditions météo, le Kényan a aussi pu profiter de lièvres performants pour mener l’allure. « Ils ont été parfaitement dans l’allure demandée et ont rempli leur rôle jusqu’au 30e kilomètre, alors que Sawe s’était retrouvé seul après 25 kilomètres à Berlin, note Christelle Daunay. Et puis il y a l’adversité, qui a été positive dimanche, avec un Yomif Kejelcha qui n’a pas pris de relais mais qui a poussé Sawe dans ses retranchements ». 

Sabastian Sawe a remporté, dimanche, son quatrième marathon consécutif, après celui de Valence 2024, Londres 2025 et Berlin 2025. Aux yeux de Christelle Daunay, il était « l’un des trois capables d’aller chercher les moins de deux heures, avec Jacob Kiplimo, qui finit troisième, et John Korir, qui a gagné le marathon de Boston une semaine plus tôt. On savait qu’il avait les capacités pour le faire, il montait en puissance depuis son premier marathon ». 

Toutefois, alors que plus de 140 athlètes kényans ont été suspendus pour dopage depuis 2017, cette performance nourrit des doutes. Sabastian Sawe a d’ailleurs volontairement demandé à l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU) de le contrôler plus régulièrement, avec des contrôles coûteux, financés par son équipementier. « On peut donc imaginer qu’il est possible de courir vite et proprement », estime Christelle Daunay.


Source:

www.franceinfo.fr

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