Parvenues à un âge où les rôles de premier plan sont (aujourd’hui encore) trop rares pour les femmes, Francine Bergé (la doyenne du trio), Bernadette Le Saché et Flore Lefebvre des Noëttes font du théâtre un enchantement. Ces trois formidables comédiennes endossent les identités de Rachel, Esther et Hannah, trois nageuses juives autrichiennes dépossédées de leurs titres pour avoir refusé de participer aux Jeux olympiques de 1936 à Berlin.
Créés de toutes pièces par Lisa Wurmser, autrice et metteuse en scène du spectacle Nage libre, les prénoms de ces héroïnes sont fictifs. Mais leur histoire est vraie. Après cinquante-neuf ans d’exil, Ruth Langer, Judith Deutsch et Lucie Goldner se sont rendues à Vienne où devaient leur être restitués par l’Autriche, non seulement leurs récompenses, mais aussi, et surtout, beaucoup de leur honneur bafoué.
Sur l’étroite scène du Studio Hébertot, à Paris, drapée d’un haut voilage blanc et recouverte d’un faux carrelage de piscine, débarquant, l’une de Buenos Aires, la deuxième de New York, la dernière de Tel-Aviv, les sportives se retrouvent et leurs souvenirs affluent, par éclats et fragments, tandis que leur hôte, un serviteur aux cheveux gominés portant une livrée serrée (Nicolas Struve) sert le champagne à la demande.
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