Directrice de la rédaction du site d’information Desk Russie, la journaliste et historienne Galia Ackerman est l’autrice de plusieurs ouvrages sur le monde russe et ex-soviétique. Elle vient de publier Le KGB à Tchernobyl. Une plongée inédite dans les archives ukrainiennes (Premier Parallèle, 228 pages, 19 euros).
Pourquoi n’avons-nous aucun bilan fiable de ce qui fut l’une des plus grandes catastrophes de l’histoire du nucléaire civil ?
Le bilan est impossible à établir, en premier lieu parce que les autorités ont arrêté le compteur aux 31 victimes immédiates, soit les pompiers et les travailleurs de la centrale décédés dans le mois qui a suivi l’accident. Le reste a été passé sous silence, comme le prouvent les documents du KGB que j’ai eus entre les mains.
Toutes les informations relatives à l’accident – l’explosion, ses causes, l’état de la centrale, le nombre de personnes irradiées, le taux de contamination du sol, de l’eau et de l’air, etc. – ont été classées top secret, selon un document opérationnel (à usage interne) du KGB. Les services secrets mentaient systématiquement à l’opinion publique et diffusaient de fausses informations, notamment à l’international, sur les taux de contamination, décrits comme 50 à 100 fois inférieurs à ce qu’ils étaient réellement.
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Source:
www.lemonde.fr


