Assise sur une chaise en plastique devant le mur en parpaing nu de sa petite maison perdue dans la verdure à Madlangempisi, situé au nord de la région Hhohho, Patience (qui n’a pas donné son nom de famille) raconte d’une voix encore marquée par la fatigue comment, un soir, alors que la fièvre la tenaillait depuis deux jours, elle a décidé de se rendre à l’hôpital. Persuadée d’avoir la grippe, elle ne s’attendait pas au diagnostic que les médecins lui ont aussitôt donné : la jeune femme de 35 ans a attrapé le paludisme (ou malaria).
Bien sûr, elle connaît cette maladie. Le paludisme a gravement touché son pays, le royaume d’Eswatini, situé dans le sud de l’Afrique, à la fin du XXe siècle, avec des pics épidémiques en 1988 et 1996. Mais le nombre de cas a drastiquement baissé ces trente dernières années, passant de près de 1 000 par an à moins de 400 lors de la dernière saison estivale, en 2024-2025.
Très engagé contre la maladie, le pays a dû repousser plusieurs fois ses objectifs d’élimination, en raison de persistance de poches de contamination et des perturbations de son système de santé causées par la pandémie de Covid-19. S’il maintenait son cap pour 2030, il deviendrait le premier pays d’Afrique continentale à réussir cet exploit, après l’Algérie, en 2019.
Il vous reste 83.59% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr


