Le tribunal judiciaire d’Orléans a dû vite se rendre à l’évidence : la mini-audience correctionnelle initialement programmée l’après-midi du 5 mars et destinée à statuer sur le sort de six prévenus, dont le milliardaire Olivier Bouygues, tous convoqués pour « destruction d’espèces protégées en bande organisée », ne convenait plus. Il fallait prévoir du temps, beaucoup plus de temps.
D’habitude, c’est vrai, les délits environnementaux ne fascinent guère les prétoires, et les décisions tombent à la chaîne, sans grands effets de manches. Mais cette fois-ci, un tout autre scénario se profilait, et un indice a fini par chambouler le calendrier de la justice : le nombre élevé de parties civiles. A l’heure actuelle, seize se sont déjà déclarées, et d’autres pourraient encore se manifester. Ce foisonnement a été mis en avant par la procureure de la République d’Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren, pour justifier le report du procès pénal aux 7 et 8 septembre. Deux jours pleins. Ainsi, chacun pourra s’exprimer dans de bonnes conditions, a-t-elle fait savoir.
Les débats devraient pourtant se révéler houleux, car derrière ce qu’il est désormais convenu d’appeler « l’affaire Bouygues » règne une atmosphère de lutte des classes. Les petits contre les gros, les pauvres contre les riches, David contre Goliath, en somme. S’y ajoute aussi un parfum de lutte des chasses entre porteurs de fusils respectueux de la législation et ceux qui enfreindraient les règles, ternissant davantage l’image d’un loisir de plus en plus contesté.
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