En mode comme en mathématiques, il y a des concepts dont le nom est familier mais qui peuvent être difficiles à expliquer. Les Six d’Anvers, par exemple. Ce surnom est ressassé depuis les années 1980 pour désigner un groupe de designers belges, mais qui saurait les nommer ? A l’occasion des 40 ans de la percée internationale des « Six », le Musée de la mode d’Anvers (Belgique), le MoMu, leur consacre une grande exposition pendant dix mois (au lieu des six habituels, ce qui témoigne de son importance), jusqu’au 17 janvier 2027.
Anvers n’est pas la porte à côté (deux heures de TGV depuis Paris), mais la visite vaut le déplacement. D’abord parce que l’aventure des Six, très clairement expliquée, raconte aussi bien des destinées singulières que les bouleversements de l’industrie de la mode ces quarante dernières années. Ensuite parce qu’elle montre que malgré la structuration du secteur en puissants conglomérats, il est possible, pour un designer, de tracer sa route en indépendant.
Cette exposition a la bonne idée de ne pas entretenir le mythe d’un collectif belge génial et soudé, mais d’expliquer concrètement comment ont pu percer six jeunes gens aux noms imprononçables venus d’un pays que personne n’associait à la création de mode. Dès la première salle, on perçoit qu’Ann Demeulemeester, Dries Van Noten, Dirk Bikkembergs, Walter Van Beirendonck, Dirk Van Saene et Marina Yee étaient chacun dotés d’un talent particulier, mais que celui-ci a éclos dans un contexte favorable.
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Source:
www.lemonde.fr


