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Marc Weitzmann, écrivain : « Le JDD », à propos de Grasset, utilise « un style français de la haine qui s’exprima dans les années 1930 »

Que nous dit la maladroite violence avec laquelle Vincent Bolloré croit répondre sur deux pages dans Le Journal du dimanche (Le JDD) du 19 avril à la mobilisation des auteurs de Grasset, dont il estime qu’elle se limite à une « petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous et qui se coopte et se soutient » ? Tout d’abord, que la conscience de s’être piégé soi-même n’aide pas à rester cohérent. Si ces auteurs ne constituent guère plus qu’« une petite caste », ainsi qu’il l’écrit, pourquoi avoir acheté la maison Grasset ? Et pourquoi leur consacrer deux pleines pages d’un journal qui se veut populaire ?

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Grasset : après le limogeage d’Olivier Nora, la prestigieuse maison d’édition confrontée à l’hémorragie de ses auteurs

L’une de ces pages est signée par Vincent Bolloré lui-même. « Bien que n’ayant aucune fonction chez Hachette, commence-t-il en prenant visiblement ses lecteurs pour des imbéciles, il me paraît intéressant de résumer ce que j’ai appris sur ce sujet. » Par hasard, semble-t-il. Le limogeage d’Olivier Nora sans aucune justification officielle, du jour au lendemain, et à quelques mois de la rentrée littéraire, serait dû, dit-il, à un conflit entre Olivier Nora et la direction d’Hachette Livre (propriété de Lagardère Publishing, contrôlé par la famille Bolloré) sur la date de sortie du roman de l’écrivain Boualem Sansal.

Ce que Bolloré ne dit pas, mais ce que Le Nouvel Obs puis Libération ont révélé, c’est qu’il existe au moins un autre motif à ce conflit : la demande de Bolloré à Arnaud Lagardère d’obliger Olivier Nora à publier chez Grasset un roman signé Nicolas Diat. Editeur chez Fayard de Philippe et Pierre de Villiers, Nicolas Diat est aussi et surtout un fervent catholique, très proche de Vincent Bolloré, et coauteur des livres du cardinal Robert Sarah, lui aussi proche de Bolloré. Après avoir refusé de s’exécuter, Olivier Nora a dû, semble-t-il, répondre le 13 avril à sa convocation au siège du groupe Hachette, où il a appris son limogeage de la bouche d’Arnaud Lagardère, la figure de loin la plus veule de toute cette affaire. Comment l’information a-t-elle fuité le lendemain en pleine réunion de représentants reste un mystère.

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Source:

www.lemonde.fr

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