Les études sur l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur le marché du travail se multiplient, mais sans parvenir à un consensus. Certaines annoncent une destruction massive d’emplois et l’obsolescence des compétences, d’autres promettent un avenir radieux, libéré des tâches routinières. Une seule certitude : chacun doit se préparer à des changements profonds dans son rapport au travail.
Mais qui doit nous guider dans cette révolution ? Peut-on faire confiance à ceux qui, tout en dessinant les contours de ce futur, incarnent aussi les contradictions et les conflits d’intérêts les plus criants de cette nouvelle ère ?
Le long portrait de Sam Altman, publié le 6 avril par The New Yorker, invite à s’interroger. Le texte explore la personnalité et les actions du PDG d’OpenAI, entreprise majeure du secteur de l’IA. Parallèlement à son rôle de dirigeant, Altman multiplie les prises de position publiques pour encadrer le développement de cette technologie, prônant des mesures destinées à en atténuer les risques sociaux et à en partager les bénéfices. Ce double rôle soulève des questions sur la cohérence entre ses engagements affichés et les intérêts de l’entreprise qu’il dirige.
L’enquête du New Yorker dépeint un homme aux ambitions démesurées, avide de pouvoir et de contrôle, dont la relation à la vérité semble aussi malléable que ses penchants politiques. Soutien affiché de l’ancien président des Etats-Unis Joe Biden hier, Altman assume aujourd’hui une proximité avec son successeur, Donald Trump, qualifiant l’approche de ce dernier sur la déréglementation dans la tech de « changement très rafraîchissant ».
Conflits d’intérêts
Les témoignages recueillis parlent d’un dirigeant capable de séduire tous les publics, mais aussi de manipuler les faits pour servir ses intérêts. D’anciens collaborateurs évoquent une « tendance constante à mentir », des versions contradictoires d’accords internes, des engagements niés, et une capacité à faire coïncider ses désirs avec ceux des autres. « Il possède deux traits de caractère rarement réunis chez une même personne, confie un ex-membre du conseil d’administration : un désir intense de plaire, d’être apprécié en toutes circonstances, et une indifférence quasi sociopathique aux conséquences de la tromperie. »
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Source:
www.lemonde.fr


