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Interview : Puscifer : « Le changement n’est pas source de peur, mais d’inspiration »

Comment BTS, le plus grand groupe actuel du monde a-t-il reconquis sa couronne ? En surmontant ses doutes et en renouant avec ses racines grâce à un nouvel album audacieux.

Après une longue parenthèse marquée par le service militaire et les carrières solo, BTS signe son grand retour. Nouveau disque, nouvelles ambitions, doutes assumés et désir de se réinventer : plongée dans un groupe qui entend prouver qu’il n’a rien perdu de sa faim.

« Forever is too long » : le retour de l’armée

Quand RM traverse une crise existentielle — ce qui lui arrive assez souvent — il se tourne vers Rainer Maria Rilke, ou vers les textes de Tyler, the Creator. Le leader de BTS aime cet autre “RM”, lui aussi porté vers la poésie, et revient souvent à ces vers, tirés d’un poème de 1905 : « Let everything happen to you / Beauty and terror / Just keep going / No feeling is final. » En clair : continuer d’avancer, quoi qu’il arrive.

Allongé sur sa couchette glaciale, le crâne rasé de près, RM a traversé dix-huit mois d’insomnie tenace pendant son service militaire obligatoire. Il y a écouté Don Toliver, Playboi Carti, le premier album de Dijon ou encore la ballade de Joji, « Past Won’t Leave My Bed ». Quand les paroles des chansons mettaient son esprit en surchauffe, il passait à la musique classique ou ambient. Mais la chanson qui l’a vraiment accompagné, c’est « Darling, I » de Tyler, et surtout cette phrase du refrain : « Forever is too long. » Tyler et Teezo Touchdown y chantent leur refus de la monogamie ; RM, lui, y a entendu tout autre chose, de plus intime. « À ce moment-là, l’armée me paraissait interminable, raconte-t-il. Je répétais cette phrase en boucle. Rien que le fait de la chanter me faisait du bien. »

Le service militaire a mis sa santé mentale à rude épreuve. RM dit avoir eu l’impression de s’enfoncer dans une « caverne » intérieure. Mais rien n’est définitif, pas même les périodes les plus sombres. En ce samedi gris de la mi-février, à Séoul, il a retrouvé ses six compagnons de BTS. Le groupe se retrouve dans un vaste studio au cœur du siège monumental de Hybe, ce géant mondial de l’industrie musicale largement bâti sur le succès hors norme de BTS.

L’endroit ressemble à l’Étoile de la Mort de Star Wars, version pop : immense, lisse, métallique. Dans le hall, les agents de sécurité arrêtent les visiteurs avec un zèle dont bien des stars américaines rêveraient. À l’étage, les employés tendent des accords de confidentialité sur des porte-blocs. Même les toilettes semblent sorties d’un futur paranoïaque : portes coulissantes, badge obligatoire pour entrer — et, plus étrange encore, pour sortir.

Avec BTS dans les murs, on comprend pourquoi. Le moindre frémissement dans la trajectoire du groupe suffit à faire bouger l’action Hybe. Mais leur poids dépasse largement la Bourse. À Séoul comme dans tout le pays, l’importance de BTS défie les superlatifs. En 2020, la Corée du Sud a même assoupli les règles de la conscription avec le groupe en ligne de mire, même si les sept membres ont finalement tous effectué leur service. À peine arrivé à Séoul, on ne roule pas plus de quelques minutes sans tomber sur V, débardeur sur le dos, en majesté, sur un panneau autoroutier posant pour une marque de café locale. Quant au concert gratuit que le groupe s’apprête à donner ici, au point de paralyser la ville, BTS arrivera la scène par la King’s Road, l’ancienne voie royale empruntée pendant des siècles par les rois de Corée

« Je suis encore très perdu » : les doutes de RM

À cinq semaines de la sortie d’Arirang, premier album entièrement inédit de BTS depuis près de six ans, RM semble rejouer son poème fétiche. En 2023, Jimin avait d’ailleurs inscrit d’autres vers de Rilke sur son torse pour un clip. BTS est aussi ce genre de groupe. « Je ressens en même temps un stress extrême et une joie extrême, dit RM. Et tout oscille sans cesse, d’un côté puis de l’autre, chaque soir, chaque nuit. ». Ce jour-là, il porte une veste de cuir noir lustré sur un T-shirt noir, de lourdes boots et un pantalon parachute oversize qu’il faut être membre de BTS pour assumer. Les pointes de ses cheveux sont décolorées, savamment ébouriffées. Son regard, lui, reste vif, amusé, toujours en alerte. RM semblait promis à une existence plus académique. On l’imagine sans peine jeune professeur adoré dans une autre vie, avec les grosses lunettes qu’il porte déjà hors caméra.

RM ne cesse de se poser des questions. Ces dernières années, elles ont souvent porté sur le groupe. Quel son BTS doit-il avoir ? Que représente encore le groupe ? Faut-il continuer ? Il pourrait facilement dire qu’Arirang répond à toutes ces interrogations. Mais son honnêteté presque compulsive l’en empêche. « Je suis encore très perdu, dit-il. Et c’est ce qu’on a découvert après l’armée. » Il pensait qu’ils finiraient peut-être par trouver « une forme de consensus clair, tranché, auquel on pourrait tous s’identifier », mais rien n’a été si simple. L’image, dit-il, reste « floue ». En revanche, ces quatorze titres peuvent peut-être apporter une réponse à ceux qui se demandent : « BTS, en 2026, c’est quoi ? » L’angoisse, pourtant, ne le quitte pas. « J’aimerais pouvoir faire semblant, dire : “Tout va bien, je suis prêt, tout est calé, tout est génial, je n’en peux plus d’attendre.” J’aimerais vraiment pouvoir le dire. Mais plus encore, j’ai envie d’être honnête. »

Avec trois singles en anglais sortis entre 2020 et 2021 — « Dynamite », « Butter » et « Permission to Dance » — BTS a achevé sa conquête du monde, à une échelle qu’aucun groupe sud-coréen, ni même asiatique, n’avait jamais atteinte. Mais une partie de RM semblait se demander si, dans l’opération, le monde n’avait pas aussi fini par conquérir BTS. Jusqu’alors, le groupe participait de près à l’écriture de ses morceaux, gardait l’essentiel de ses textes en coréen, et venait d’un hip-hop nerveux et frontal, pas d’une disco-pop lisse. « Je ne savais plus très bien quel genre de groupe nous étions », admettait-il en 2022, juste avant que BTS n’entame une pause de plusieurs années, rythmée par le service militaire et les projets solo. « Je ne sais plus quelle histoire je suis censé raconter. »

Plus tard la même année, dans un échange avec Pharrell Williams pour Rolling Stone, RM allait encore plus loin. « Au départ, je n’étais qu’un petit rappeur, un parolier, racontait-il. Dix ans d’équipe, à ce niveau d’intensité, ça vous emporte tout entier. J’ai pu m’arrêter un peu. Tout couper, prendre mes distances, regarder ce qu’il restait… Parfois, j’ai vraiment peur. Peur de ne plus aimer la musique. » Williams l’avait rassuré : rien de définitif. Puis il lui avait glissé un conseil qui faisait, sans le vouloir, écho à Rilke : « Continue d’avancer. » Bien plus tard, lors d’un livestream pour lequel il s’excusera ensuite d’avoir été trop franc, RM finira par dire tout haut ce qu’il laissait entendre depuis longtemps : « Des dizaines de milliers de fois, je me suis demandé s’il ne valait pas mieux dissoudre le groupe, ou au moins le mettre à l’arrêt. »

Si nous ne remettons plus rien en question, il n’y a aucune raison de continuer.

J-Hope et Suga : la flamme et la certitude

J-Hope, colonne vertébrale affective du groupe, rappeur redoutable et danseur que seul Jimin, formé à cette discipline, peut vraiment concurrencer, éprouvait le même vertige. « Recevoir tout cet amour, toute cette attention… est-ce que c’est vraiment une bonne chose ? », se souvient-il aujourd’hui. « Je me disais que, pendant que tout le monde applaudissait et m’encourageait, je devrais peut-être tout arrêter. Je me demandais si je voulais vraiment de tout ça. Au départ, il n’y avait qu’une petite flamme en moi. Puis elle s’est propagée comme un feu de forêt. La pression que ça a créée était immense. » En 2022, il est devenu le premier membre de BTS à sortir un véritable album solo, Jack in the Box, construit autour de cette question : faut-il éteindre le feu, ou brûler plus fort encore ?

J-Hope a choisi la deuxième voie, sans être sûr d’avoir vraiment eu le choix. « J’ai compris que je ne pouvais sans doute pas arrêter simplement parce que j’en avais envie, me dit-il. Je suis très sensible aux gens qui m’entourent. Je dois donc aussi me demander si je suis capable d’assumer l’effet émotionnel que mes décisions auront sur autant de monde. Au bout du compte, garder cette flamme allumée, c’est sans doute ce que je veux vraiment — et ce qui me ressemble le plus. »

Suga, troisième membre de la rap line, n’est même pas sûr qu’il y ait jamais eu matière à débat. Cérébral, avec ce charisme insaisissable qui le caractérise, il résume les choses simplement : « Je ne peux pas savoir exactement ce que chacun pensait ou désirait. Mais si on a tous mené des projets solo, c’est parce qu’à ce moment-là, on ne pouvait plus fonctionner comme un groupe. Donc avant même de partir à l’armée, je savais qu’on finirait par se retrouver. Je comprends que, vu de l’extérieur, ça ait pu surprendre. Mais pour nous, rester ensemble allait de soi. Personne n’avait vraiment d’avis à formuler là-dessus. Moi, je me disais juste : “Oui, bien sûr qu’on va le faire.” »

RM, lui, s’est au moins fixé une ligne pour Arirang. Le résultat a été un triomphe, à la fois artistique et commercial, avec 641 000 exemplaires vendus aux États-Unis dès la première semaine et une première place sur Apple Music dans 115 pays. « Je le répète souvent aux membres : si on ne se met plus en danger, alors je ne vois pas pourquoi on continuerait en tant que groupe, explique-t-il. Il faut montrer au monde qu’on est toujours là, qu’on avance encore, qu’on continue d’explorer. Par moments, tout ça devient extrêmement compliqué. Mais malgré tout, j’ai l’impression qu’il faut encore repousser les limites, encore, encore. Et malgré ça, ce n’est jamais suffisant. » Il sourit de sa propre intensité.

Le dernier concert avant le silence

En octobre 2022, les sept membres de BTS, en hoodies violets, se sont pris par la main avant de saluer tous ensemble, sous les feux d’artifice qui illuminaient le ciel de Busan. En quittant la scène, V brandissait une pancarte plastifiée reprenant, en coréen comme en anglais, une phrase tirée de la chanson qu’ils venaient d’interpréter : « Best moment is yet to come. » Tous saluaient leurs fans en essayant de garder le sourire. Jimin, lui, s’était attardé à l’avant-scène, les yeux brillants. Ce soir-là, BTS se produisait ensemble en public pour la dernière fois avant quatre ans.

Les sept vies parallèles

Jin, l’aîné du groupe, 33 ans, allie une ironie sèche à une élégance très sûre, avec ce syndrome de l’imposteur, persistant et pourtant parfaitement infondé, qui semble parfois troubler sa place au sein de BTS. Il a été le premier à partir au service militaire, peu après la sortie de « Super Tuna », morceau de synth-pop potache et irrésistible. Devenu instructeur adjoint, il achetait de la nourriture supplémentaire pour les soldats de son unité, qui se sont attachés à lui au point d’en pleurer au moment de son départ. Lui aussi a pleuré le jour de sa libération. Revenu à la vie civile, il a porté la flamme olympique aux Jeux de Paris, été l’une des figures d’un divertissement Netflix à succès, puis publié deux excellents EP prolongeant ce goût du rock qu’il a développé au fil des années, notamment à travers sa passion durable pour Coldplay.

Pendant tout ce temps, pourtant, une seule idée le tenait : retrouver le groupe. « Les autres membres me manquaient énormément, dit-il. J’ai toujours pensé qu’il n’y avait aucune raison de continuer si ce n’était pas avec eux. Une carrière solo, au fond, n’a pas tant d’importance pour moi. Si je devais tenter quelque chose, ce serait plutôt au sein du groupe, pour essayer autre chose quand les fans commenceront à se lasser. Le cinéma ou ce genre de choses ne m’intéressent pas. »

© Pak Bae

En 2023, Suga a sorti son premier vrai album sous son alter ego Agust D — “Suga” à l’envers, plus les initiales de D-Town, le crew de sa ville natale. Avant cela, il avait déjà publié deux mixtapes marquées par des confessions très personnelles. Cette fois, sur « Amygdala », il évoque la maladie de ses parents et d’autres traumatismes, tout en affirmant s’être libéré du passé : « What didn’t kill me only made me stronger / And I begin to bloom like a lotus flower once again. » À cause, semble-t-il, d’un accident de moto survenu vers 2012, qui l’avait un temps empêché de lever les bras sur scène, il a effectué son service militaire dans le civil. Pendant vingt et un mois, il a travaillé comme agent social. « Après ce dernier album, il ne restait plus en moi aucune émotion négative », dit-il. Il a aussi fini par dépasser une autre angoisse, qu’il avait déjà confiée en 2022 : la peur de ne plus avoir de mots. « J’essaie surtout de moins stresser avec ça. J’aurai toujours des choses à dire. Puis elles finiront par se tarir à nouveau. C’est un cycle sans fin. »

Avant son départ à l’armée, J-Hope a marqué l’histoire en devenant, en juillet 2022, le premier artiste sud-coréen à assurer la tête d’affiche d’un grand festival américain, à Lollapalooza. « J’avais l’impression d’être enfermé dans un moule qui m’empêchait de m’exprimer aussi librement que je l’aurais voulu, raconte-t-il. J’avais besoin de le briser, de me présenter au monde tel que je suis, avec toute la musique que je voulais partager. Mais maintenant que j’ai composé davantage pour moi, que je me suis mis à l’épreuve, je n’ai plus l’impression d’être enfermé dans une case. La vraie question, maintenant, c’est : qu’est-ce que je peux créer une fois dehors ? » En retrouvant le groupe, il a aussi repris la mesure de sa force. « Maintenant qu’on est à nouveau réunis, les autres membres comblent les manques que je peux ressentir dans ma manière de m’exprimer ou dans ma performance. À bien des égards, j’ai compris que c’était précisément pour ça qu’on était sept. »

 

Jung Kook, lui, n’a pas perdu de temps avant d’assumer pleinement la pop star qu’il semblait destiné à devenir. Pourtant, le benjamin de BTS, 28 ans, continue d’avancer avec une humilité frappante. « Honnêtement, je n’arrive pas encore vraiment à me voir comme une pop star, dit-il. Mais je suis très touché qu’on me regarde comme ça, et que les fans me perçoivent ainsi. Donc j’ai envie de continuer à progresser, jusqu’au jour où je pourrai, moi aussi, me sentir comme une star. Un jour, peut-être. » Son single « Seven », avec Latto, et son niveau d’explicite assez sidérant — « I’ll be fuckin’ you right / Seven days a week » — a été la quatrième chanson la plus écoutée sur Spotify en 2023.

« Ces paroles ne m’embarrassaient pas, dit Jung Kook. Je me suis juste dit : “Et alors ?” » RM raconte pourtant qu’il a dû intervenir quand certains cadres du label ont commencé à s’inquiéter. « Je leur ai dit : “S’il vous plaît, ne changez rien. Pourquoi faudrait-il changer ? C’est un adulte. Il peut chanter et dire ‘fuck’.” » À l’armée, Jung Kook a été affecté aux cuisines. Il passait ses journées à remuer d’immenses marmites, même le week-end, nourrissant les troupes sept jours sur sept. « Là-bas, une chose s’est imposée à moi : j’ai envie de remonter sur scène. J’ai envie de chanter. Je me disais sans arrêt : “Je veux sortir d’ici, je veux danser.” C’est tout ce à quoi je pensais. »

Jimin, avec sa voix de velours et son magnétisme presque félin, se distingue même au sein d’un groupe rempli de chanteurs virtuoses et de fortes personnalités. Lui-même a été surpris par l’ampleur de son succès en solo. Son single « Like Crazy » a atteint la première place du Hot 100 plusieurs mois avant « Seven », faisant de lui le premier artiste solo coréen à y parvenir. « Je ne m’y attendais pas du tout, dit Jimin. Mais cette expérience m’a appris une chose : j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir. » Il s’est engagé en même temps que Jung Kook et, dans les premiers jours de leur service, tous deux ont participé à une course à pied. Cette fois-là — contrairement à leur ascension commune dans les classements — c’est Jung Kook qui a gagné. En 2021, Jimin me disait qu’il ne pouvait pas s’imaginer en dehors du groupe. « Là-dessus, rien n’a changé, dit-il. S’il y a une nuance, c’est celle-ci : BTS, et ma capacité à être à la hauteur en son sein, reste ma priorité absolue. Mais j’ai aussi envie de devenir un meilleur chanteur à titre individuel. Mes partenaires sont tous incroyables. Alors je ressens le besoin de progresser moi aussi, pour ne pas être éclipsé. »

© Pak Bae

V, le baryton incandescent du groupe, est aussi acteur à l’occasion. Il a quelque chose de plus posé, de plus âgé que son âge, et a choisi de ne pas se lancer dans la pop solo. Il a préféré le R&B sensuel et teinté de jazz de son EP Layover. « Sans Layover, dit-il, j’ai l’impression que V, en tant qu’artiste, serait resté enfermé dans l’image d’un chanteur-danseur intense, incapable de montrer toutes les couleurs qui existent en lui. » Un album plus franchement pop viendra peut-être un jour, ajoute-t-il. « C’est aussi une musique que j’aime, un territoire vers lequel j’ai toujours voulu aller. Je ne sais pas encore quand, mais c’est un genre que j’aimerais vraiment explorer un jour. »

À l’armée, V a essayé d’oublier complètement sa carrière musicale pour faire de ce temps un nouveau départ. « J’ai énormément fait de sport, raconte-t-il. J’ai beaucoup lu, beaucoup écouté de musique. Ça m’a permis de reconstruire mon corps et mon esprit. » Il soulève environ 104 kilos au développé couché — un poids que son unité, pourtant remplie d’athlètes, jugeait « léger » — mais qui, à ses yeux, suffit quand même à faire de lui le membre le plus costaud de BTS. Il a lu Han Kang, prix Nobel de littérature, ainsi que le romancier japonais Keigo Higashino. Il se laissait happer par les récits, au point de s’imaginer à la place des personnages. « À ce moment-là, j’étais complètement absorbé par mon imagination. Est-ce que ça m’a aidé ? Je n’en suis pas sûr. »

Retour aux sources : du hip-hop au cœur d’Arirang

Au début, ils étaient tous habillés en noir, avec des chaînes en or autour du cou. Même Jung Kook rappait. Le premier single de BTS, « No More Dream », sort en 2013, porté par une ligne de basse qui rappelle « Deep Cover » de Dr. Dre et Snoop Dogg. La chanson et son clip gardent encore aujourd’hui un vrai charme. On y découvre un BTS dominé par le hip-hop, débordant d’énergie, avec une agressivité presque théâtrale. Mais dès la fin de cette même année, sur des titres comme « Coffee » ou « Outro: Luv in Skool », le groupe commence à élargir sa palette. Peu à peu, les chanteurs prennent davantage de place. Au moment de leurs trois grands succès en anglais, beaucoup d’auditeurs occasionnels avaient sans doute oublié — ou n’avaient jamais su — à quel point BTS venait du rap.

Cette fois, BTS a voulu retrouver une part de ce son des débuts, mais sous une forme plus mûre. « On s’est tous réunis et on a commencé en 2013, rappelle RM. Cet album marque un nouveau départ. Mais je crois qu’inconsciemment, on revient à notre point de départ, à cette énergie surexcitée, à cette envie de montrer quelque chose au monde. »

© Pak Bae

Même Jin, qui n’avait aucun problème avec la période allant de « Dynamite » à « Permission to Dance » ( après tout, un tube reste un tube) a fini par revoir sa position. « En réalité, je n’étais pas totalement d’accord avec les autres sur ce point, dit-il. Avec la musique, il y a des résultats concrets, non ? Donc, pour moi, nos chansons les plus aimées définissaient notre identité. Mais tout le monde ne le ressentait pas comme ça. Après beaucoup de discussions, j’ai fini par accepter l’idée que notre identité se trouvait plutôt dans la musique qu’on faisait avant. »

Pdogg, producteur historique de BigHit Music puis de Hybe, travaille avec BTS depuis bien avant « No More Dream », qu’il a coécrit et coproduit. « J’ai accompagné leur immense évolution artistique depuis leurs années de formation jusqu’à aujourd’hui », dit-il. Sur Arirang, où il a joué un rôle central, lui aussi insiste sur cette idée de retour aux sources : « Nous avons été très attentifs à garder une sensibilité hip-hop sur l’album. Il traverse plusieurs genres, bien sûr, mais je ne crois pas que nous ayons abandonné cette racine-là. »

Los Angeles : deux mois de création collective

En juillet 2025, les membres — sauf Jin, encore en tournée solo — se sont installés ensemble dans une maison à Los Angeles. Pendant deux mois, ils ont travaillé en studio, passant d’une salle d’écriture à l’autre, quatre au total, chacune remplie de producteurs et d’auteurs-compositeurs. Ils y travaillaient sept à huit heures par jour. Selon Pdogg, l’équipe s’est notamment appuyée sur Diplo, présent sur plusieurs morceaux, pour orienter le choix d’autres producteurs et coauteurs occidentaux. Pour Gia Lim, responsable A&R chez BigHit, filiale de Hybe, ces sessions avaient un objectif clair : rompre avec leur méthode habituelle, tout en mêlant une fraîcheur plus globale et plus actuelle au cœur même de l’identité de BTS.

L’un de ces collaborateurs, le producteur hip-hop Mike WiLL Made-It, a dû s’habituer à une chose : ici, on travaille aux heures de bureau. « C’est très différent des États-Unis, raconte Mike, qui a sympathisé avec les membres du groupe en comparant leurs montres. Chez nous, on peut passer la nuit entière en studio. Mais je comprends. Au fond, c’est plus efficace. » Il a aussi apprécié qu’ils viennent directement à lui, et non à une imitation de son style. « BTS est allé à la bonne source, tu vois ? On ne parle même pas couramment la même langue, mais quand on faisait ces morceaux, on avait l’impression de parler la même. J’aimais leur envie d’être différents. Les prods qu’ils ont choisies ne ressemblent à rien de ce que j’avais fait avant. C’est inattendu, et vraiment original. »

© Pak Bae

C’était la première fois que Pdogg suivait un album de BTS à toutes les étapes, de l’écriture jusqu’au mastering. Il dit avoir senti la différence. « La couleur de chaque membre est devenue plus nette. Cette fois, j’ai vu une ambition encore plus forte. » Au lieu d’essayer de fondre les sept voix en une seule, l’équipe a préféré s’appuyer sur ce que les années solo avaient révélé chez chacun. « Nous avons davantage cherché à faire ressortir le caractère propre de chaque voix. »

Au moins un membre du groupe s’était demandé si les projets solo allaient changer l’équilibre de BTS. « Après nos expériences individuelles, et avec des egos forcément plus affirmés, je pensais que tout le monde reviendrait avec des opinions beaucoup plus tranchées, raconte V. Mais à ma grande surprise, chacun s’est montré très ouvert, et tous avaient gagné en profondeur. J’ai énormément appris des autres en faisant cet album. »

« Swim » : la naissance du premier single

« Swim », le premier single, a pris sa forme la plus brute lors des sessions préparatoires, plusieurs semaines avant l’arrivée du groupe à Los Angeles. « Dès la première écoute, on a senti qu’il y avait quelque chose », raconte Pdogg. James Essien, jeune auteur-compositeur britannique et l’un des artisans du morceau, le pensait lui aussi. « Le plus intéressant qu’ils pouvaient faire, à mes yeux, c’était justement quelque chose d’un peu plus retenu. Essayer de refaire un “Dynamite”, c’aurait été beaucoup trop prévisible. »

Il se souvient avoir improvisé la base du morceau avec l’auteur-compositeur et multi-instrumentiste Tyler Spry, après que Bang Si-Hyuk, patron de Hybe, s’est montré peu convaincu par une autre proposition. « Bang est entré le visage fermé, on aurait dit une porte de prison, raconte Essien. Alors on a lancé une autre idée, on a commencé à tourner autour, et la mélodie est arrivée presque toute seule. Comme tombée du ciel. » Le groupe a d’abord hésité à retenir un morceau aussi subtil, mais Essien se souvient de la réaction de RM : « C’est plus sexy. Voilà ce qu’il nous faut aujourd’hui. Nous aussi, on est plus sexy. On revient de l’armée. »

C’est vraiment incroyable qu’on se soit remis ensemble.

« Hooligan » : quand El Guincho rencontre BTS

Le producteur espagnol El Guincho, qui a travaillé aussi bien avec Rosalía qu’avec Charli XCX, a lancé deux beats dans les dix premières minutes de sa rencontre avec le groupe. BTS a retenu les deux, puis les a fusionnés pour créer « Hooligan », l’un des morceaux les plus marquants du disque. Le titre mêle des cordes découpées, tirées d’un film français de 1962, à des percussions qui claquent comme des couteaux. « Ils étaient attirés par les idées les plus extrêmes, pas par les options les plus sages, raconte-t-il. En gros : “Fais-nous écouter les trucs les plus dingues que tu as.” »

Jung Kook, revenu à ses racines rap, a trouvé le concept de « Hooligan ». « Dès que j’ai entendu l’instru, le flow est venu tout de suite, dit-il. Je ne savais pas si le morceau finirait sur l’album. Mais il a été retenu, et ça m’a vraiment plu. »

Pendant qu’El Guincho travaillait sur « Hooligan », les membres essayaient déjà des mouvements de danse. Cela l’a poussé à modifier certains motifs de batterie en fonction de ce qu’il voyait. « Je regarde comment certains kicks passent dans leurs corps, comment une ligne de basse ou une caisse claire agit physiquement sur eux, explique-t-il. C’est ce qui rend leur façon de travailler différente de celle de tous les autres artistes avec lesquels j’ai collaboré. » À un moment, James Essien est tombé sur une salle annexe où une équipe, tableaux blancs à l’appui, commençait déjà à préparer la chorégraphie de morceaux qui n’étaient même pas encore terminés. « Je me suis dit : “D’accord, là, on est face à une machine parfaitement huilée.” »

© Pak Bae

Sept personnalités en studio

Pour les producteurs, Suga restait une énigme. Il entrait dans une pièce, écoutait, ne disait rien, repartait, puis revenait plusieurs jours plus tard. Il lui arrivait aussi de prendre une guitare et de jouer avec les morceaux. « On voyait qu’il cherchait vraiment à sentir la chanson, à la comprendre de l’intérieur », dit El Guincho. J-Hope, lui, surprenait tout le monde quand il passait de son tempérament solaire du quotidien à un rap d’une grande férocité. Un collaborateur le compare même à DMX. Jimin pouvait rester silencieux pendant une demi-heure, écouter toutes les remarques des producteurs, puis entrer en cabine et livrer d’un coup une prise impeccable. Quant à Jung Kook, il a bluffé tout le monde par son aisance dans un anglais qui semble parfait. « J’ai l’oreille pour ce genre de chose, dit-il. Mais au bout du compte, ça reste une langue étrangère pour moi. Je n’ai pas envie que des anglophones m’entendent parler leur langue et trouvent ça gênant, ou que ça leur déplaise. Donc j’ai énormément travaillé. »

V, de son côté, s’est affirmé comme compositeur, notamment sur « Into the Sun », le morceau qui clôt l’album, une pièce éthérée née d’une session jouée en direct. « Les choses ne circulaient pas aussi naturellement que prévu, raconte Pdogg. Alors on a levé le pied. On a décidé de se détendre un peu et de s’amuser. V a fini par prendre le micro, moi j’étais à la basse Moog, Tyler Johnson à la batterie, et Nitti à la guitare. » Suga a écrit son couplet rap sur la terrasse de la maison qu’ils partageaient. « Avant cet album, je n’aurais jamais imaginé travailler sur une chanson en extérieur, dit-il. Au fond, il ne faut qu’un carnet et un stylo. »

Quand la tournée solo de Jin s’est achevée, il a rejoint le studio et découvert plus d’une centaine de chansons déjà écrites. « J’avais peur que les fans s’ennuient pendant que tout le monde était à l’armée, dit-il. Alors moi, pendant ce temps-là, j’essayais de leur tenir compagnie, de leur mettre un peu de baume au cœur. Et pendant ce temps, toutes les chansons se faisaient sans moi. » En garde-t-il un peu d’amertume ? « Un peu, oui. Mais la vie ne se limite pas au présent. Il y a aussi la suite. Et puis si j’avais été égoïste, si j’avais voulu repousser toute la session pour ajouter mes propres morceaux, cette interview n’aurait pas lieu aujourd’hui, mais dans plusieurs mois. Les fans n’auraient-ils pas fini par se lasser d’attendre ? »

Arirang : un nom, une identité retrouvée

L’idée d’appeler l’album Arirang, du nom de cette chanson folklorique coréenne ancienne, mélancolique et presque sacrée, vient de Bang et de Hybe. Le groupe a accepté presque tout de suite. Mais comme le montre leur documentaire Netflix, l’idée d’intégrer un sample de la chanson originale dans « Body to Body » a provoqué des semaines de discussion. « En dehors de ce point, explique Pdogg, nous n’avons jamais cherché à mettre en avant la “coréanité” de manière trop évidente ». En revanche, BTS tenait à redonner une vraie place au coréen dans les textes. « Please » avait d’abord été enregistré en anglais, mais le groupe a insisté pour le réécrire presque entièrement en coréen. Pour Gia Lim, l’équipe A&R était convaincue que « la musique elle-même parlerait aux auditeurs au-delà de la langue ».

L’album aurait très bien pu être tout autre. « Il y a eu beaucoup de conflits, dit RM. Sur ce qu’il fallait garder, et ce qu’il fallait laisser de côté. » J-Hope reste attaché à un morceau écarté, « Like This », tandis que James Essien se souvient d’un titre intitulé « Five Minutes » que tout le monde semblait adorer. « Je me demande ce qu’elles vont devenir, dit Jimin. Qu’est-ce qu’il va arriver à toutes ces chansons qu’on a écrites ? »

© Pak Bae

Suga, lui, a déjà la réponse : elles serviront pour de futurs projets solo. « On les utilisera d’une manière ou d’une autre, chacun de notre côté. On préfère les garder entre nous plutôt que les laisser partir ailleurs. »

Et maintenant ? La tournée, le Super Bowl et l’avenir

BTS a marqué l’histoire ensemble, s’est séparé, a continué à écrire l’histoire chacun de son côté, puis a réussi à se retrouver. Le groupe repartira en tournée dans le monde jusqu’en mars prochain, après que Jin a obtenu un allongement de l’itinéraire d’environ huit mois par rapport au plan initial. « Quand on a découvert la première version de la tournée, il n’y avait pas beaucoup de dates, raconte-t-il. Et elle ne devait durer que trois ou quatre mois. J’ai dit : “Maintenant qu’on est de retour, on a promis à tellement de gens qu’on viendrait à leur rencontre. Si on fait si peu, j’ai l’impression qu’on manque à notre parole.” »

Reste une question : après tout cela, que reste-t-il encore à accomplir pour BTS ?

Suga, lui, aimerait surtout donner une autre tonalité à cette nouvelle phase. « On devrait en profiter davantage, dit-il. Avant, on était beaucoup trop dans la compétition. J’ai l’impression qu’à force de courir après nos objectifs, on a négligé notre santé physique et émotionnelle. Aujourd’hui, on peut relâcher un peu la pression, surtout qu’on a tous grandi. Donc oui, je crois qu’on peut vivre ça avec plus de plaisir. »

« Le simple fait qu’on ait réussi à se retrouver est déjà incroyable, ajoute J-Hope. Et le fait qu’on continue encore à faire de la musique ensemble, en tant que groupe, l’est tout autant. Quand j’y pense, les objectifs comptent beaucoup moins qu’avant. »

© Pak Bae

Pendant les répétitions de février, Jimin a proposé au reste du groupe de retourner en studio dès la fin de la tournée pour enregistrer un nouvel album. Cette idée en a aussitôt fait naître une autre chez Suga. « Le temps file, les tendances changent très vite, dit-il. Alors je me demande si on ne devrait pas, pendant un moment, sortir plutôt des singles. On a terminé l’album au stade du préenregistrement en septembre dernier, mais il a fallu tout ce temps pour qu’il paraisse. Donc, au moment où on le fabriquait, on ne savait pas du tout ce qui se passerait en mars ou en avril, ni quels genres seraient populaires. Dans ces conditions, faire de la bonne musique, c’était compliqué. Pour toutes ces raisons, peut-être qu’on fera un single, peut-être un mini-album, quelque chose comme ça. »

Les membres du groupe ont aussi observé de près le triomphe de Bad Bunny au Super Bowl, entièrement en espagnol, et l’idée de suivre cette voie les intrigue. « Encore faut-il qu’on nous invite », glisse Jimin, tandis que Jin reconnaît imaginer déjà à quoi pourrait ressembler leur show.

RM, lui, reste plus prudent. « Peut-être qu’avec le temps, les mentalités évolueront, dit-il. Le monde entier regarde Parasite et s’intéresse de plus en plus aux grandes œuvres venues de la culture coréenne. Alors si l’occasion se présente un jour, bien sûr qu’on en aurait envie. »

© Pak Bae

« On est tout petits » : la fausse modestie de RM

Le leader du groupe sait aussi très bien que BTS a ses détracteurs, parfois très virulents. Il s’adresse d’ailleurs directement à eux sur « 2.0 », produit par Mike WiLL Made-It. « Il y a vraiment des gens qui prient chez eux pour qu’on s’effondre, explique RM. Qui se disent : “S’il vous plaît, que BTS tombe. Qu’ils se séparent, qu’ils disparaissent.” Alors nous, on pense à autre chose : “Très bien, les gars. Pendant deux ou trois ans, on a été séparés… trois ans ont passé, et il y avait toujours des ARMY qui nous attendaient, un monde entier qui nous attendait. Vous avez eu votre petit moment.” »

Ils lisent donc encore les commentaires ?« Jamais ! », lance Suga.« Parfois », admet RM, sous les rires du reste du groupe.

La bravade de « 2.0 » semble aussi viser des rivaux. Mais lesquels, au juste, à ce stade ? Je suggère au groupe qu’il faut peut-être regarder du côté d’autres géants de la pop mondiale : Taylor Swift, Bruno Mars, Harry Styles. RM grimace à la comparaison. « Ce sont des artistes plus grands que nous, répond-il doucement. Nous, on est tout petits. On n’est qu’un boys band coréen. »

De toute la journée, c’est sans doute la seule phrase qui sonne faux.

Par Brian HiattPhotographie par Pak BaeTraduit par la rédaction

Crédits de Production

Rolling Stone 2026 Digital Cover StoryPhotographies par Pak Bae. @pakbaeRédacteurs en chef : Sean Woods & Shirley HalperinEditeur Musique : Christian HoardDirecteur artistique : Joe HutchinsonDirecteur de la photographie : Jenn SantanaStylisme par Yejin Kim.Coiffure par Hansom, Hwayeon et Hyunwoo Lee.Maquillage par Dareum Kim et Shinae.Scénographie par Yeabyul Jeon.Production par Nuhana.Productrice exécutive : Sooh Hwang.Producteurs : Sebin Park et Kaly Ngo.Productrice de ligne : Cherry Lee.Technicien numérique : Huijin Kim.Assistance photo : Soojung Oh, Minhyuk Lee, Minjun Kim, Jihyun Oh, Juwan Kang et Junhyung Yang.Équipe scénographie : Sohyun Won, Yunseon Choi, Junhyuk Sim.Directeur de la photographie vidéo RS : Mike Beech.Opérateurs caméra : Byeong Hwi Min, Churl Gwon, Hyunsuh Paik.DIT : Jiwoon Lee.Ingénieur du son : Min Jae Lee.Assistance production : Seohyun Yoon.

Crédits Vestimentaires — Couverture Groupe

V : Veste par Simone Rocha. Chemise par Ami. Pantalon par Maison Margiela. Bijoux par Celine et Cartier.Suga : Veste par Enfants Riches Déprimés. Chemise par SSSTEIN. Bijoux par Werkstatt München.Jin : Chemise par Rick Owens. Bijoux par Fred.Jung Kook : Tenue par Calvin Klein Collection. Bracelet par Werkstatt München. Montre par Hublot.RM (tenue blanche) : Tenue par Taekh. Chemise par Ann Demeulemeester.RM (tenue noire) : Tenue par Rick Owens. Chaussures par Guidi. Collier par Werkstatt München.Jimin : Veste par John Lawrence Sullivan. Hoodie par Our Legacy. Pantalon et bijoux par Dior.J-Hope : Veste par Juun.J. Chemise par Post Archive Faction. Montre par Audemars Piguet. Bagues par Louis Vuitton. Collier par SCHO.

Crédits Vestimentaires — Photos Solo

J-Hope : Veste et chaussures par Louis Vuitton. Montre par Audemars Piguet.Jimin : Tenue et bijoux par Dior.Jin : Veste par Sonia Carrasco. Chemise par Ann Demeulemeester. Pantalon et chaussures par Gucci.Jungkook : Veste par Acne Studios. Chemises par Dries Van Noten et Acne Studios. Pantalon par Diesel.RM : Costume par John Lawrence Sullivan. Chemise par Goomheo. Chaussures par Guidi.V : Veste par BONBOM. Pull par SSSTEIN. Pantalon par Maison Margiela.Suga : Veste par Hyacyn Ny. Chemise par Lemaire.


Source:

www.rollingstone.fr

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