Avec son roman « Clément », Romain Lemire entend briser le tabou de l’inceste masculin

Livre. « J’ai été arraché à moi-même lorsque j’avais 7 ans. » Romain Lemire est musicien, parolier et comédien, il fêtera ses 50 ans cette année. Son premier roman, Clément (Le Cherche-Midi, 400 pages, 22 euros), raconte son enfance, son adolescence puis sa vie adulte marquées par l’inceste paternel. Clément s’inscrit dans le sillage des écrits contemporains, signés Christine Angot, Camille Kouchner ou Neige Sinno, qui auscultent les mécanismes de l’inceste, sa déflagration et ses ravages.

Romain Lemire fait entendre un témoignage précieux, peu d’hommes s’étant exprimés jusqu’ici sur ce sujet. Il a voulu laisser passer la première vague #MeToo, en 2017, centrée sur la parole des femmes face aux violences masculines. C’est à une vague suivante, #MeTooInceste, qu’il a publié un premier témoignage sur les réseaux sociaux. Ce récit d’autofiction achève cette volonté de sortir du silence, une démarche à laquelle s’associent ses frères, l’historien Vincent Lemire et le comédien Emmanuel Lemire.

L’auteur se raconte sous un nom d’emprunt, Clément Drelin, né à Paris le 25 juin 1976. Le benjamin d’André, professeur de français, et d’Hélène, éditrice, le petit frère de Pierre, Estelle et Victor, par ordre de naissance. Quatre enfants, trois victimes directes de l’inceste. Lequel se déploie au sein d’une famille bourgeoise, cultivée, unie. Chez les Drelin, on va au théâtre, au concert, « la conversation est la chose la plus importante, elle est considérée comme un art autant qu’une science, que Papa et Maman cultivent savamment et amoureusement ». Clément grandit entre le quartier de Montparnasse, à Paris, et des demeures de vacances familiales ou des maisons d’amis en Normandie, dans le Loiret, en Bourgogne ou à Belle-Ile (Morbihan).

C’est sur l’île bretonne que son enfance prend brutalement fin, le 19 juillet 1983. Cette nuit-là, son père adoré, figure fantasque et brillante, vient se coucher dans son lit. Il est nu, et lui propose de lui apprendre « comment on fait les enfants ». Les viols se répètent jusqu’à ses 14 ans, l’année du suicide d’André, après la révélation de l’inceste par le frère aîné.

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www.lemonde.fr

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