AccueilFaits divers« Le week-end, des...

« Le week-end, des hurlements en continu » : quand bars et boîtes de nuit agacent le voisinage

Des cris, des bagarres et des nuits sans sommeil. Pour certains habitants de Compiègne et Beauvais (Oise), la fermeture temporaire récente de deux établissements de nuit a été vécue comme un soulagement. « Le week-end, ce sont des hurlements en continu. On n’en dort pas », raconte Sylvie, 55 ans, qui habite à proximité du Havana’s Club, discothèque du centre-ville de Compiègne. Son souvenir du soir du Nouvel An reste vif : « Un homme s’était mis à jeter des verres dans la rue. Franchement, au bout d’un moment, ça suffit. »

Face à ces troubles répétés, la préfecture de l’Oise a décidé, le 31 mars 2026, de fermer administrativement le Havana’s Club pour 21 jours. En cause, une succession d’incidents relevés entre novembre 2024 et janvier 2026 : rixes entre clients alcoolisés, comportements agressifs sur la voie publique, interpellations pour tapage ou conduite sous l’emprise de l’alcool, ainsi que des violences survenues aux abords de l’établissement voisin de l’Hôtel de ville.

La façade, du Havana’s Club, discothèque du centre de Compiègne (Oise), est sous le coup d’une fermeture administrative par la préfecture pour une durée de 21 jours. LP/Hakim Mokadem

À quelques mètres de là, Alain, commerçant, dit avoir lui aussi été confronté à ces désordres devant la boîte de nuit aux accents latino. « Fin mars, une femme s’est pris une gifle sous mes yeux. Avec un ami, on a dû intervenir pour lui porter secours. On a d’autres choses à faire que de gérer ce genre de situations », raconte le sexagénaire. Des scènes loin d’être isolées, selon lui : « Ça empoisonne notre quotidien ».

« C’était devenu invivable »

Ces récits de riverains excédés trouvent un écho à Beauvais, où le bar Le Purple, bien connu du centre-ville, a lui aussi été contraint de baisser temporairement le rideau le 1er avril 2026. Là encore, la préfecture du département pointe des nuisances sonores à répétition et des rixes ayant nécessité l’intervention des forces de l’ordre au sein du pub irlandais.

Dans l’immeuble accolé au bar, Yasmine décrit des nuits devenues difficiles à supporter. « Du jeudi au dimanche, ça crie sous les fenêtres. J’ai une petite de 6 ans qui a le sommeil léger, c’était devenu invivable. Je ne suis pas contre les bars, mais il faut trouver un équilibre », explique cette esthéticienne de 39 ans.

À l’inverse, certains habitants relativisent. « Parfois, ça se tend en fin de soirée, mais je ne me suis jamais sentie en insécurité », estime Éléonore, étudiante qui sort régulièrement dans le centre-ville. « La fermeture me paraît un peu disproportionnée. On en fait beaucoup, alors qu’il y a d’autres établissements où ça dégénère aussi. »

Agression d’une cliente

Du côté du syndicat Alliance Police nationale dans l’Oise, qui s’appuie sur le passif des deux établissements, on décrit des situations « assez classiques en centre-ville », marquées surtout par des plaintes à répétition du voisinage liées à des clients alcoolisés et bruyants, sans événement déclencheur particulier ces derniers mois.

« Il y a une volonté de calmer le jeu, d’apaiser les tensions », confie de son côté une source policière au Parisien, évoquant une cohabitation de plus en plus délicate entre habitants et établissements de nuit dans les centres-villes.

À Compiègne, la municipalité assure quant à elle ne pas avoir été destinataire de « plaintes formelles » de riverains concernant le Havana’s Club. Tout en reconnaissant « une agression d’une cliente à l’extérieur » ainsi que des interventions ponctuelles de la police municipale pour des bagarres.

Signe que la vigilance s’étend, un autre établissement de nuit a récemment été mis en garde par le maire Philippe Marini (LR), prévenant qu’il solliciterait une fermeture administrative en cas de nouveaux débordements.

Contactés, le Havana’s Club et Le Purple n’ont pas répondu aux sollicitations du Parisien.


Source:

www.leparisien.fr

Annonce publicitairespot_img

Catégories