C’est l’animal fantastique le plus connu du Moyen Âge, elle fascine encore et toujours aujourd’hui : la licorne. Jusqu’au 12 juillet 2026, elle est au cœur d’une exposition temporaire qui retrace son histoire, au musée de Cluny, à Paris. Elle tient d’ailleurs une place toute particulière dans cet établissement, puisqu’elle fait littéralement partie des murs. Dans une salle du second étage, trône la fameuse Dame à la Licorne, une composition de six tentures datant du début de la Renaissance française.
À l’Antiquité déjà, on trouve des représentations de cette créature mythique, en Chine, au Proche et au Moyen-Orient. On y voit un quadrupède, proche de l’âne et du cheval, serti d’une unique corne sur le front. Jusqu’au 16ème siècle, la licorne a sa place dans les bestiaires et ouvrages de zoologie. On y décrit son apparence, son comportement. On y dit qu’elle habite dans des régions lointaines, et qu’il n’est pas possible de la capturer, sauf si une jeune fille vierge l’attire à elle. Dès lors, les représentations de cette créature, assoupie sur les genoux d’une jeune femme, prolifèrent. Dans la littérature courtoise, la licorne incarne l’amoureux, attiré par la beauté de sa dame.
La licorne guérisseuse
Si on a l’habitude de la voir paisible, les auteurs antiques décrivent la licorne comme un animal agressif, même envers sa propre espèce. Ses ennemis jurés sont le lion ou l’éléphant, qu’elle attaque avec ses sabots tranchants, ou avec sa corne. Cette corne d’ailleurs, au touché ou lorsqu’elle est râpée, est réputée dès le 4ème siècle avant Jésus-Christ pour ses vertus thérapeutiques. La corne de licorne devient alors un objet de collection très prisé. Les défenses d’éléphant, ou cornes de narval, sont exposées dans les cabinets comme d’authentiques cornes de licornes. En 1582, Ambroise Paré niera ses vertus thérapeutiques, et au 17ème siècle la plupart des scientifiques admettent que la licorne terrestre n’existe pas, et que sa corne est en fait une dent de mammifère marin vivant proche du Groenland, le narval.
Un nouveau symbole
L’exposition s’achève avec une série d’œuvres contemporaines qui associent la licorne à de nouvelles significations. La tapisserie de Nancy Husky, intitulée La Noble Pastorale, remplace l’animal à corne et la dame par un bulldozer et un ou une activiste. Dans son œuvre, l’artiste questionne notre propre rapport à la nature, menacée par la surexploitation de ses ressources.
Informations pratiques
Exposition Licornes !
Musée de Cluny, à Paris. Jusqu’au 12 juillet 2026
Source:
www.sciencesetavenir.fr


