Le gouvernement est-il en train d’organiser le démantèlement de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) ? S’il s’en défend, c’est la crainte exprimée par des salariés et membres du conseil d’administration de cette structure qui a vu le jour en 1992. Fin février, le média Contexte a publié une partie de l’avant-projet de loi sur la décentralisation dans lequel l’Ademe était mentionnée.
L’article 20 du texte prévoyait de placer ses délégations régionales sous l’autorité du préfet et de les transférer au sein des directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) avec une « mise à disposition d’office » de son personnel « pour une durée de trois ans, renouvelable de plein droit à leur demande ». « Cette disposition permettra de garantir la bonne coordination et synergie entre les interventions en matière régalienne et les dispositifs financiers portés par l’agence et de rendre plus lisibles les interventions de l’Etat en matière d’environnement, d’économie circulaire, de transition énergétique et d’adaptation au changement climatique », pouvait-on lire dans l’exposé des motifs.
L’Ademe est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous la tutelle des ministères chargés de la transition écologique, de l’énergie et de la recherche. Il emploie 1 200 salariés qui relèvent du droit privé et dispose de 17 délégations régionales (13 en métropole et 4 en outre-mer). Reconnu pour son expertise, son rôle est d’accompagner la transition écologique, notamment en finançant, pour le compte de l’Etat, des projets innovants portés par des entreprises ou des collectivités.
Attaquée par des élus
« C’est une machine à distribuer de l’argent public : quand l’Etat lui donne 10 euros, elle en redistribue 9, et l’euro qui reste lui sert à s’assurer que les neuf autres sont bien utilisés. On peut difficilement faire plus efficace », note Benoît Leguet, directeur de l’Institut de l’économie pour le climat (I4C) et membre du conseil d’administration de l’Ademe au titre des personnalités qualifiées. « Ils savent faire techniquement évoluer les projets des collectivités, on aura du mal à faire mieux », renchérit Jean Revereault, vice-président d’Intercommunalités de France, qui siège à ses côtés au conseil d’administration chargé de représenter les collectivités.
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Source:
www.lemonde.fr


