Les députés français ont adopté dans la nuit de lundi à mardi la possibilité de réintroduire certains pesticides, une disposition qui a fait éclater dans l’hémicycle les divergences entre le gouvernement et une partie de ses troupes.
Approuvé par les députés à 296 voix contre 224, le projet de loi d’urgence agricole n’est plus qu’à un vote conforme du Sénat d’être adopté au Parlement mardi.
Ce devrait être une formalité, puisque l’un des acquis les plus importants pour les sénateurs a été maintenu: la possibilité de réintroduire à titre dérogatoire et sous condition deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l’Union européenne.
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Deux pesticides réautorisés à titre exceptionnel pour soutenir des filières fragilisées
Les deux molécules concernées, l’acétamipride et le flupyradifurone, pourraient ainsi être utilisées pour une poignée de filières en difficulté.
Or, un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, qui prévoyait le retour de l’acétamipride avant une censure du Conseil constitutionnel, des députés du camp gouvernemental ont suggéré lundi au gouvernement de le faire retirer par amendement.
Ils ont argué que le Premier ministre Sébastien Lecornu avait lui-même appelé à ne pas introduire de mesure sur l’acétamipride dans la loi agricole qu’il avait mise sur les rails lui-même.
Fin de non-recevoir de la part de l’entourage du Premier ministre, pour qui « l’interdiction (de l’acétamipride) demeure le principe » dans le texte et qui avait laissé « au Parlement » le soin de « trancher » ou « faire évoluer » le texte.
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L’expression d’un clivage politique et sociétal important
Mais lorsque des députés de la majorité ont déposé leur propre amendement de suppression, le gouvernement, qui dispose d’un droit de veto à ce stade de la procédure, s’est opposé à leur examen.
Quasiment toute la gauche a voté contre le texte, mais n’a pas pesé suffisamment lourd face aux voix conjuguées du Rassemblement national (extrême-droite) et des deux tiers du camp gouvernemental qui ont voté pour.
Du côté de la société française, les positions sont tout aussi fracturées.
L’association écologiste Générations Futures a dénoncé « le virage mortifère du Sénat », concernant la réintroduction des pesticides interdits.La FNSEA, principal syndicat agricole français, a de son côté salué dans un communiqué « un tournant majeur » avec l’adoption du texte.
Source:
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