AccueilSociétéImmigration"Je voulais qu'elle...

"Je voulais qu'elle se taise, je l'ai attrapée par le cou et j'ai serré" : les aveux de Cédric Jubillar devant la justice

Après cinq ans et demi de mensonges et de dénégations, le peintre-plaquiste de 38 ans a été entendu par une magistrate de la cour d’appel de Toulouse le 15 juillet. Lors de cette audition, il a réitéré les aveux formulés auprès de ses avocats et reconnu avoir étranglé son épouse Delphine Aussaguel.


Publié le 21/07/2026 19:22

Temps de lecture : 3min

Cédric Jubillar lors de son procès à Albi (Tarn), le 22 septembre 2025. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Il n’aura fallu qu’une question de la juge désignée par la cour d’assises de Haute-Garonne pour que Cédric Jubillar déroule son récit. A peine lui dit-elle « je vous écoute » qu’il répond : « Je reconnais les faits, je reconnais être l’auteur de la disparition de ma femme. »

Condamné à trente ans de réclusion criminelle en première instance pour le meurtre de sa femme Delphine Aussaguel, le peintre-plaquiste a été entendu mercredi 15 juillet pour la première fois depuis ses aveux formulés dans une lettre à ses avocats.

Devant la magistrate, selon le procès-verbal de son audition que franceinfo a pu consulter mardi 21 juillet, il raconte ce qu’il se serait passé durant la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Il affirme ainsi s’être endormi autour de 22h30, après que Delphine et leur fils aîné sont venus lui faire un câlin dans le lit. « Je dormais mal depuis quelque temps, je me réveillais souvent la nuit et j’allais fumer une cigarette pour me détendre car j’étais stressé », explique-t-il. Il ajoute qu’à l’époque, il parlait de divorce avec Delphine, qu’ils vivaient sous le même toit mais que l’ambiance était « toxique et nauséabonde ».

Il dit s’être réveillé vers « une heure du matin » cette nuit-là. « Je suis allé dans le salon et Delphine m’a tout de suite dit ‘Qu’est-ce que tu fous là ?' », avance Cédric Jubillar. Puis il explique que Delphine lui aurait montré furtivement une photo d’elle « un peu sexy » avant de l’insulter et de lui lancer « T’es qu’une merde, un toxico de merde, je fais bien de me barrer, personne ne voudra de toi ». C’est ensuite qu’elle lui aurait lancé – toujours selon ses dires – « maintenant j’ai plus rien à perdre, je peux te l’avouer, j’en ai trouvé un qui me fait mieux l’amour que toi ». Des propos qui auraient fait « vriller » Cédric Jubillar.

« Je voulais qu’elle se taise, dit-il, je l’ai attrapée par le cou et j’ai serré, je disais ‘Tais-toi, tais-toi, je t’en supplie tais-toi' ». Il explique qu’à cet instant il a préféré regarder ses pieds pour ne pas croiser le regard de son épouse, à qui il faisait face. Puis que Delphine est tombée, « inerte ». Il aurait alors répété en boucle « Tais-toi ». Selon son récit, il lui aurait fallu « quelques instants » pour réaliser qu’il venait de tuer la mère de ses enfants. Il raconte avoir alors été « en panique », « tétanisé ».

« Je me suis dit qu’il ne fallait pas que mes enfants voient leur mère comme ça et qu’ils allaient m’en vouloir ». A ce moment-là, Cédric Jubillar se dit qu’il faut qu’il la cache. Il aurait alors « chargé » Delphine sur son épaule et l’aurait déposée dans le coffre de leur voiture, qu’il aurait dans un premier temps fait rouler au point mort, pour éviter de réveiller les voisins. C’est en bas de la rue qu’il aurait démarré le moteur. « Je ne savais pas où aller, je n’avais pas d’objectif précis », assure-t-il encore.

Cédric Jubillar précise avoir conduit jusqu’à la route de Cordes-sur-Ciel et s’être « rappelé » avoir vu des monticules de terreau sur un chantier. « Je me suis dit que j’allais la mettre là », affirme-t-il.

Il raconte comment il a procédé : avoir déposé le corps, creusé le terreau à mains nues comme il pouvait, sans outils, puis l’avoir recouvert avec le terreau des deux monticules. « Je pensais vraiment qu’on allait la retrouver avant, je suis très étonné que ça n’ait pas été le cas », lâche le peintre-plaquiste.

Il explique être ensuite rentré chez lui, avoir vérifié que les enfants dormaient bien et avoir vu le téléphone de sa femme. « Je l’ai pris avec une paire de boots et un manteau à elle et j’ai tout jeté dans la poubelle d’un voisin, à 50 mètres de la maison ». Le téléphone de Delphine, qui a borné jusqu’à 7h48 le matin du 16 décembre, n’a jamais été retrouvé. Tout comme sa doudoune blanche.

De quelques mots, il raconte avoir réalisé qu’il avait commis « quelque chose d’abominable » mais s’être « enferré » dans son mensonge. Toujours devant la magistrate, Cédric Jubillar a aussi donné des informations précises concernant la localisation du corps, où une infime partie des ossements de Delphine Aussaguel ont en effet été retrouvés jeudi, le lendemain de cette audition.

Cédric Jubillar a aussi profité de ce moment devant la magistrate pour faire part de son mal-être en détention et de l’angoisse que représente pour lui l’incarcération à l’isolement.


Source:

www.franceinfo.fr

Annonce publicitairespot_img

Catégories