La justice californienne a suspendu pour 14 jours le rachat XXL de Warner Bros. par Paramount, à la suite d’un recours de douze États américains pour menace sur la concurrence. Ce coup d’arrêt intervient à deux jours de la date de finalisation espérée par les deux géants d’Hollywood, alors même que l’opération avait obtenu le feu vert du ministère américain de la Justice.
Un tribunal californien a suspendu le rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount Skydance à la suite de poursuites lancées par 12 Etats américains contre ce projet de rachat à 111 milliards de dollars, estimant que ce mariage allait nuire à la concurrence.
Ce lundi 20 juillet, la juge de district californienne Araceli Martínez-Olguín a rendu une ordonnance visant à reporter la fusion, après avoir entendu les arguments des deux parties dans un tribunal d’Oakland. Cette ordonnance suspend pendant 14 jours toute procédure de fusion. Paramount espérait pourtant conclure cet accord le 22 juillet, avait indiqué l’avocat de la firme, Jeffrey Kessler.
Hollywood divisée sur ce rachat
L’opération XXL envisagée réunirait sous une même bannière les prestigieux studios de cinéma Paramount et Warner Bros., le réseau de télévision CBS, un vaste portefeuille de chaînes payantes comprenant CNN, TNT, MTV et BET, ainsi que les services de streaming Paramount+ et HBO Max.
Ces plateformes comptent moins d’abonnés que les trois leaders du secteur, Netflix, Amazon Prime et Disney+. Mais une large partie d’Hollywood s’oppose pourtant à ce rachat, craignant des suppressions d’emplois massives dans une industrie qui a déjà connu plusieurs vagues de fusions et de licenciements.
Paramount a souligné que 24 autorités de régulation à travers le monde avaient donné leur assentiment à l’opération, y compris aux Etats-Unis.
Ces poursuites, lancées devant un tribunal du nord de la Californie, interviennent en effet alors que le ministère américain de la Justice a validé l’opération mi-juin. Au terme d’une enquête de huit mois, sa division antitrust a conclu que l’opération n’était « pas susceptible de nuire à la concurrence ni aux consommateurs américains », que ce soit dans le streaming, la télévision ou la production et la distribution de films en salles. Elle a donc renoncé à la contester, sans exiger de cessions d’actifs ni d’engagements.
Le ministère a même considéré que la fusion devrait avoir pour effet « d’accroître la compétition dans l’ensemble de l’écosystème des médias et du divertissement, avec des bénéfices pour les consommateurs et les travailleurs américains ».
Un coup d’épée dans l’eau?
En revanche, Paramount a dû proposer début juillet des mesures correctives pour tenter d’emporter le feu vert des autorités européennes. Bruxelles s’est donné jusqu’au 22 juillet pour rendre sa décision.
« Nous travaillons de manière constructive avec la Commission depuis huit mois et sommes convaincus que ces mesures répondent directement et pleinement aux préoccupations exprimées dans l’évaluation préliminaire de la Commission européenne, tout en favorisant une autorisation rapide », avait alors indiqué à l’AFP un porte-parole de Paramount.
Le rachat est également soumis au feu vert du Royaume-Uni où le gouvernement a annoncé qu’il pourrait lancer une procédure plus lourde pour s’assurer que la pluralité des médias soit préservée.
Selon Ross Benes, analyste du cabinet Emarketer, l’initiative des procureurs américains représente une « opération politiquement payante » pour eux mais a peu de chances d’aboutir en leur faveur sur le plan juridique. Les États pourraient demander une autre ordonnance restrictive temporaire après les 14 jours, ou une injonction préliminaire, ce qui retarderait encore davantage l’accord.
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