Une visite placée sous le signe des questions industrielles et de défense. Le président gabonais Brice Oligui Nguema est à Paris lundi 20 juillet pour une visite d’État de trois jours, reçu par son homologue Emmanuel Macron. Les deux dirigeants discuteront notamment de la transformation locale du manganèse, utilisé pour la sidérurgie, ainsi que de l’avenir de la base militaire française à Libreville.
Accompagné de chefs d’entreprises, de responsables politiques et de journalistes durant cette visite de trois jours, il rencontrera son homologue français Emmanuel Macron.
« Ce sera l’occasion pour les deux chefs d’État (…) d’assurer le suivi des accords signés à Libreville au mois de novembre dernier, lors de la visite d’État du président français sur notre sol », a déclaré Théophane Nzame-Nze Biyoghe, porte-parole de la présidence gabonaise, vendredi, lors d’une conférence de presse.
Il s’agit de la deuxième visite officielle en France du président gabonais, arrivé au pouvoir par un putsch en août 2023 qui avait mis fin à 55 ans de dynastie de la famille Bongo (le père puis le fils). Il a ensuite été élu à la présidence avec près de 95 % des voix en avril 2025.
Alors que l’influence française recule en Afrique francophone, notamment au Sahel, le Gabon reste un proche partenaire de la France.
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Un dîner de gala au palais de l’Élysée à Paris est également au programme, suivi mardi d’une séquence mémorielle devant la tombe du soldat inconnu à l’Arc de Triomphe, toujours dans la capitale française, et à la forteresse militaire du Mont-Valérien, située en banlieue, a annoncé la présidence française.
Les discussions franco-gabonaises porteront d’abord sur la transformation locale du manganèse, dont le Gabon est un des principaux producteurs mondiaux. Libreville avait annoncé mi-2025 vouloir interdire l’exportation de manganèse brut dès 2029 et développer une industrie de transformation locale.
« À partir du 1er janvier 2029, le manganèse gabonais ne sortira plus du Gabon sans avoir été transformé localement, sans avoir créé des emplois localement », a affirmé le porte-parole de la présidence gabonaise.
Côté Élysée, on assure qu’il existe « une convergence pour avancer vers un calendrier de transformation locale d’une partie de la production du manganèse ».
Transfert de base militaire
Il sera également question du renouvellement du partenariat de défense entre les deux pays et de l’avenir du camp De Gaulle, la base militaire française située à Libreville. Dans le cadre de la reconfiguration de son dispositif militaire en Afrique, la France a réduit sa présence au Gabon à une centaine de soldats, contre 1 200 par le passé.
Le Gabon « attend que le titre foncier relatif au camp sur lequel est érigée la base soit transféré à la partie gabonaise », selon le porte-parole gabonais. Ensuite, un nom, sans doute celui d’un général gabonais, sera attribué au camp qui sera alors dédié à « la formation de nos forces de défense et de sécurité », a-t-il expliqué.
« La France est prête à répondre aux priorités et aux objectifs formulées par le Gabon » dans le cadre de la rétrocession de cette base, a assuré la présidence française sans entrer dans les détails.
Le président gabonais rencontrera également la diaspora gabonaise en France. Son porte-parole a invité ceux qui « ont des positions contradictoires avec la dynamique politique impulsée par le chef de l’État » à « venir discuter entre Gabonais, à bâtons rompus ».
L’inquiétude croît quant à un virage répressif du pouvoir gabonais, alors que les réseaux sociaux sont coupés depuis le 17 février et que le principal opposant à Brice Oligui Nguema, l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, est emprisonné depuis mi-avril dans une affaire d' »escroquerie » et d' »abus de confiance » datant de 2008.
Avec AFP
Source:
www.france24.com

