Face à un vide juridique depuis 1992, les décisions de justice annulant des amendes se multipliaient. Le ministère des Transports en a tiré les conséquences.
Publié le 14/07/2026 13:02
Mis à jour le 15/07/2026 07:07
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Embarrassant au moment des grands départs en vacances. En Italie, plus de 20% des radars routiers (850 sur 4 000) ont été mis hors de fonction le 12 juillet. Ils ne sont pas en panne : c’est une décision du ministère des Transports. À cause d’un vide juridique, les décisions de justice annulant des amendes se multipliaient.
« Le radar de tous les records n’était pas homologué, la ville de Galatina doit rembourser 60 000 euros à des dizaines d’automobilistes » : des articles de presse sur ce thème, il en existe beaucoup en Italie. L’affaire remonte à 1992 : un nouveau Code de la route est alors approuvé, et prévoit l’homologation des radars. Mais aucun décret n’avait suivi détaillant la procédure. Beaucoup de radars étaient simplement « approuvés » sur le plan administratif, pas « homologués » techniquement.
En 34 ans de vide juridique, des avocats et associations de défense des automobilistes avaient repéré le filon. Selon le journal La Repubblica, il y a des audiences de contestations programmées jusqu’en 2028, dont 400 pour la seule ville de Lecce dans les Pouilles. La cour de Cassation a rappelé la différence, à une quarantaine de reprises, qu’il y a entre l’approbation d’un appareil et son homologation.
C’est pour mettre fin à cette situation ubuesque qu’a été publié un décret du ministère des Transports. 850 Autovelox, le nom italien des radars, sont donc éteints, dans l’attente de leur homologation. « Assez des radars fantômes, qui n’étaient rien d’autre qu’un impôt caché pour des millions de travailleurs et n’avaient rien à voir avec la sécurité routière », a lancé sur X le ministre des Transports Matteo Salvini.
Environ 3 150 ont été jugés conformes et continueront à flasher les automobilistes sur les routes italiennes. Pour les autres, une procédure standard d’homologation est toutefois prévue, les appareils validés auront une plaque d’immatriculation et des contrôles seront effectués tous les ans. Par ailleurs, ils devront non seulement flouter les visages des conducteurs et passagers des voitures, mais aussi avoir une marge d’erreur inférieure à 3% au-dessus de 100 km/h, entre autres règles.
Le décret met-il vraiment fin à la pagaille ? Pas sûr. Ceux qui restent en fonction correspondent à des modèles « considérés comme homologués ». Est-ce bien solide juridiquement ? Des avocats annoncent déjà avec gourmandise de nouvelles batailles juridiques. Moins souriantes, les associations de défense des victimes de la route : les radars, quel que soit leur statut, réduisent la vitesse et la mortalité sur les portions de route où ils sont installés. Lors des six premiers mois de l’année, lors des fins de semaine, 658 personnes ont perdu la vie, en hausse de 2% par rapport à l’an dernier.
Source:
www.franceinfo.fr


