Le contraste est saisissant entre un PS en pleine fragmentation et une France insoumise déjà en ordre de bataille. Malgré tout, les sondages montrent que Jean-Luc Mélenchon reste loin d’être assuré d’une qualification au second tour.
Publié le 01/07/2026 07:55
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Pendant que les socialistes se divisent, Jean-Luc Mélenchon est déjà en campagne : à gauche, le contraste est saisissant. D’un côté, un parti éparpillé façon puzzle ; de l’autre, une armée en ordre de marche. Au PS, les candidats poussent comme des champignons après la pluie : le député Philippe Brun a assuré mardi 30 juin son intention de se présenter, tout comme son collègue Jérôme Guedj et le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane. En attendant Olivier Faure ou François Hollande. Et, évidemment, l’eurodéputé de Place publique, Raphaël Glucksmann, qui s’est donné trois mois pour rassembler tout ce petit monde. Chez les insoumis, plus une tête ne dépasse. Les rebelles ont été virés et la troupe s’est rangée, sans discuter, derrière le chef.
Les socialistes se déchirent autour du mode de sélection de leur candidat. Leur Conseil national, réuni mardi soir, tentait une fois encore de répondre à une question digne d’Alfred de Musset : faut-il qu’une primaire soit ouverte ou fermée ? Ouverte aux électeurs, fermée aux militants. À 75 ans, Jean-Luc Mélenchon est reparti à l’assaut de l’Élysée pour la quatrième fois et exhorte la gauche à se rallier à son panache rouge.
Son meeting de Saint-Denis a créé une dynamique et il obtient quelques renforts. À commencer par la branche du NPA fidèle à Olivier Besancenot et Philippe Poutou, qui annonce le soutenir. C’est le résultat de sa stratégie de radicalisation. Depuis trois ans, Jean-Luc Mélenchon a avalé des pans entiers de l’extrême gauche, comme le Parti ouvrier indépendant, d’obédience trotskiste, ou la Jeune Garde antifasciste du député Raphaël Arnault. Il drague désormais une frange des écologistes, menée par Sandrine Rousseau, ainsi que des parlementaires communistes, à commencer par le président du groupe PCF à l’Assemblée, Stéphane Peu. Plus les socialistes continueront de se chamailler, plus Jean-Luc Mélenchon pourra espérer attirer leurs électeurs.
Mais le plus dur reste à accomplir. D’abord parce que, dans les sondages, il est encore loin de se qualifier pour le second tour. En 2022, le candidat insoumis avait siphonné l’électorat de gauche, car il apparaissait comme le seul candidat de ce camp capable d’affronter Emmanuel Macron au second tour. Et cela avait failli marcher. Cette fois, il s’agira de battre le candidat du RN, Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Or, dans les enquêtes d’opinion, Jean-Luc Mélenchon n’apparaît pas comme un barrage à l’extrême droite, mais comme un tapis rouge qui lui garantirait la victoire. C’est contre lui que se bâtit, au second tour, un cordon sanitaire dans les urnes.
Pour reconquérir le leadership à gauche, les socialistes et leurs alliés doivent donc trouver un candidat, et un seul, capable de battre l’extrême droite en rassemblant la gauche et une partie du centre. Pas simple. Raison de plus pour commencer à s’organiser.
Source:
www.franceinfo.fr


