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L’ADN enfoui dans la poussière retrace les Européens de l’âge glaciaire

Une poussière longtemps silencieuse apporte désormais des informations décisives sur les populations humaines qui ont vécu en Europe il y a plusieurs dizaines de milliers d’années. Des chercheurs ont croisé l’étude de fossiles humains provenant de plusieurs sites européens avec l’analyse d’ADN conservé dans des sédiments. Cette approche permet d’élargir le regard au-delà des seuls ossements retrouvés, rares et souvent incomplets, pour reconstituer une partie de l’histoire génétique des Européens de la dernière période glaciaire.

L’intérêt majeur de ces travaux tient à la nature même des prélèvements. L’ADN ancien ne se trouve pas uniquement dans les dents ou les fragments d’os. Des traces biologiques laissées par des individus — cellules, matières organiques ou infimes résidus — peuvent être piégées dans le sol d’un site archéologique et y rester préservées. En isolant ces fragments, les scientifiques obtiennent des indices sur la présence de groupes humains et sur leurs liens génétiques, même lorsque les restes corporels sont absents ou trop dégradés pour livrer des données suffisantes.

La combinaison des deux sources, fossiles et sédiments, est essentielle. Les ossements offrent des informations directes sur des individus identifiables, tandis que les couches de sol peuvent documenter des occupations plus larges ou des périodes mal représentées par les découvertes humaines. Ensemble, ces éléments permettent de mieux suivre les déplacements, les continuités et les échanges génétiques entre groupes ayant occupé l’Europe dans un contexte climatique extrême. La dernière période glaciaire a profondément transformé les milieux, réduisant les zones habitables et influençant les trajectoires des populations de chasseurs-cueilleurs.

Cette méthode ne supprime pas les difficultés. L’ADN extrait des sédiments est fragmenté, mêlé à celui d’animaux, de plantes ou de microbes, et doit être interprété avec prudence pour éviter les contaminations modernes. Mais son apport est considérable pour les périodes où les archives humaines sont fragmentaires. En enrichissant la carte génétique du Paléolithique européen, ces analyses donnent une image plus nuancée des populations de l’âge glaciaire, non comme des groupes figés, mais comme des communautés dont l’histoire a été marquée par les migrations, les contacts et l’adaptation à des environnements changeants.

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