C’est un accès anticipé à un traitement expérimental contre
l’obésité, accordé à un patient unique de 79 ans, qui agite les magazines santé
et a fait réagir jusqu’à la Maison-Blanche. Développé par le groupe pharmaceutique Eli Lilly, le rétatrutide,
un traitement injectable de façon hebdomadaire, agissant sur trois récepteurs
hormonaux, est un médicament de nouvelle génération qui fait encore l’objet d’essais
cliniques.
Il pourrait être prescrit afin de traiter l’obésité, le diabète, l’apnée du sommeil et d’autres
affections. Pour des patients souffrant d’obésité, il pourrait avoir un résultat
comparable à celui de la chirurgie bariatrique.
Mais ce qui a piqué l’attention du magazine états-unien Stat,
spécialisé en santé, c’est une autorisation inhabituelle garantie en avril 2026
par la Food and Drug Administration (FDA) via son programme d’«usage compassionnel» à
un patient mystère âgé de 79 ans… Soit l’âge même du président Donald Trump à ce
moment-là.
Un accès inhabituel
D’après le magazine, une seule personne a pu bénéficier d’un
accès anticipé au médicament très attendu via cette procédure, qui est
habituellement réservée aux patients atteints d’une «maladie ou affection
grave ou engageant immédiatement le pronostic vital» et qui ne peuvent
participer à un essai clinique, souvent en raison de la gravité de leur état de
santé.
La demande d’accès a été déposée par un clinicien rattaché aux
Instituts nationaux de la Santé, pour un patient souffrant d’obésité
réfractaire, d’apnée obstructive du sommeil et d’hypertension pulmonaire. Mais
l’annonce publique de cet accès élargi omet une grande partie des informations habituellement
publiées, telles que les conditions permettant à un patient d’être éligible à ce
type de dispositif.
Alors qu’une journaliste de Stat, Lizzy Lawrence, demandait aux
représentants de l’État si le président était le patient en question, les pathologies
d’apnée du sommeil et d’hypertension pulmonaire ne figurant pas dans la note
relative à son dernier bilan médical, le porte-parole de la Maison Blanche,
Kush Desai, tout comme Emily Hilliard, porte-parole du département de la Santé,
avaient refusé de répondre.
Ce n’est qu’après la publication d’un article que
Kush Desai a indiqué sur les réseaux sociaux que ce traitement expérimental n’était
pas destiné à Donald Trump, ce à quoi Lizzy Lawrence a répliqué: «Je vous ai
demandé, ainsi qu’à la FDA et au HHS [le département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis , ndlr], à plusieurs reprises hier, si cette
demande concernait le président. Personne n’a répondu directement à ma
question.»
Si Kush Desai a jugé la question «idiote», la douzaine d’experts
interrogés par Stat a considéré qu’il était extrêmement inhabituel qu’une entreprise
pharmaceutique accorde une telle autorisation pour une pathologie courante à un
patient unique, plutôt qu’à une cohorte de patients présentant un profil
spécifique.
Source:
www.slate.fr


