Lundi 22 juin, le journal de 13 heures vous emmène près de Carcassonne, à Bram (Aude), où les élus ont voulu tordre le cou aux idées reçues. Des rues à 30 km/h, des pistes cyclables partout, dans cette commune de 3 000 habitants, la mairie a tout prévu pour que les cyclistes se sentent en sécurité.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
« Notre idée pour la France, dans notre village, c’est de favoriser les mobilités douces, tout faire pour le vélo, de la crèche jusqu’à la maison de retraite », expose Caroline Rey, coprésidente de l’association EcoBram & Co.
Pédaler, c’est une habitude qui commence tôt à Bram (Aude), en Occitanie. Sur le chemin de l’école, une trentaine d’enfants se trouvent dans un vélo collectif en bois ou derrière, en farandole, une idée écologique et sportive. Deux jolies rosalies à assistance électrique sillonnent matin et soir les rues avec à leur bord des écoliers du CP au CM2, tous très enthousiastes. Une quinzaine de minutes de trajet dans la bonne humeur. « Le matin, on pédale, on fait du sport, ça nous met de l’énergie », lance un jeune écolier. « On se connaît mieux, on peut apprendre à être amis, par exemple », partage un autre.
Dans le village rural de 3 500 habitants, l’expérience dure déjà depuis deux ans. D’abord un premier test, puis le mode de transport insolite est validé grâce à la mobilisation d’une quinzaine de bénévoles comme Caroline Rey, enseignante et engagée dans l’aventure. « Ça demande beaucoup d’énergie sur l’année parce que parfois il fait froid ou il pleut. C’est vraiment une preuve de vivre ensemble et d’intelligence collective », commente-t-elle.
Pour imposer la pratique cycliste au quotidien, la commune a limité la vitesse à 30 km/h et créé des pistes cyclables. Plus d’un million d’euros ont été investis en six ans, largement subventionnés par l’État ou encore le département. Le vélo fait battre le cœur de Bram, de ses habitants et des commerçants, même les plus surprenants. Une stratégie qui fait vivre la commune, avec, par exemple, des bornes de réparation ou des boxes à proximité des magasins.
Madame la maire en est convaincue : « Toutes les communes peuvent avoir cette bonne idée parce que ça s’appelle de la volonté politique. C’est ça, faire de la politique, c’est essayer d’améliorer le quotidien des gens », assure Claudie Faucon-Méjean, maire (PS) de Bram.
Le quotidien, ce sont aussi des sorties vélo pour les seniors comme pour les plus jeunes avec une bicyclette offerte à chaque enfant qui fête ses 10 ans, une trentaine ce printemps. Pour Chloé, collégienne, c’est un début d’indépendance. « Ma mère ne voulait pas que j’y aille à pied au collège. Vu que j’ai eu le vélo, on peut en profiter, ce que je ne faisais pas trop avant », partage la fillette. Des enfants plus autonomes et des parents séduits par cette initiative. Et si c’était finalement eux qui prenaient de bonnes habitudes. « Ça nous pousse, nous aussi parents, à se dépasser, à se remettre en selle et à pratiquer du vélo avec nos enfants et avec d’autres adultes. On peut se retrouver à plusieurs, faire une sortie pas forcément bien loin. C’est un esprit vraiment convivial, individuel et collectif », affirme Magali Amiel, habitante de Bram. Un état d’esprit qui intéresse aujourd’hui d’autres communes au cœur de ce territoire rural. Car le vélo pour tous, c’est simple, ça roule.
Source:
www.franceinfo.fr


