Le fonctionnement du système Niño/Niña. Un Niño est un basculement des eaux chaudes vers l’est du Pacifique équatorial avec un arrêt des remontées d’eau froide le long des côtes du Pérou, ce qui a généralement pour effet un effondrement des populations de poissons. Le régime des vents s’inverse. Copyright OMM
Les changements de température s’accompagnent d’un affaiblissement du régime des vents et d’une augmentation de la couverture nuageuse conformes à l’instauration du nouveau régime. Il y a donc 80% de chances que cette oscillation climatique démarre au courant de l’été contre 20% pour une situation neutre et aucune chance que le phénomène inverse, La Niña, se déclenche. Le pic des effets météo attendus devrait intervenir entre novembre 2026 et février 2027 mais les impacts sur les températures mondiales sont généralement plus intenses la deuxième année qui suit l’émergence du phénomène, ce qui signifie des températures mondiales élevées jusqu’en 2028.
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Une intensité encore incertaine mais des températures mondiales forcément plus élevées
Quelle sera l’intensité de cet épisode ? L’OMM reste prudente. « Les effets d’El Niño et de La Niña varient en fonction de l’intensité et de la durée de l’épisode concerné ainsi que de la période de l’année à laquelle il se produit et de son interaction avec d’autres modes de variabilité climatique (comme le dipôle de l’Océan Indien). Toutes les régions du monde ne sont pas touchées, et, même au sein d’une région, les impacts peuvent varier. Des phénomènes météorologiques extrêmes peuvent survenir même lors de conditions ENSO neutres », pondère l’organisation onusienne. Il n’est à ce jour pas prouvé que le changement climatique interagisse avec ce phénomène.

Les anomalies de températures prévues pour cet été. Copyright OMM
Ces prévisions sont élaborées par les principaux services météo de la planète sous l’égide de l’OMM (pour l’Europe, le Centre européen pour les prévisons météorologiques à moyen terme, le Met office britannique et Météo France en font partie). Cette collaboration internationale a permis d’établir des connexions entre d’autres phénomènes cycliques affectant les autres océans de la planète, comme le « dipôle indien » qui fonctionne sur le même principe qu’El Niño dans l’Océan Indien ou l’oscillation nord-atlantique pour l’Atlantique nord qui est la variation en latitude de la rencontre entre la dépression islandaise et les hautes pressions de l’Anticyclone des Açores.
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Sécheresses et inondations catastrophiques
Les services météo ont donc pu dresser une carte mondiale des anomalies météo qui devraient découler de la situation actuelle de l’océan et des basses couches de l’atmosphère dans les prochains mois. « Pour la période juin-juillet-août, on prévoit une prédominance de températures supérieures à la normale dans presque toutes les régions du globe. Cette configuration augmente les risques de stress thermique et d’aléas cumulés dans certaines régions. Elle accélère l’apparition de conditions de sécheresse là où les précipitations sont réduites », anticipe l’OMM. L’Europe de l’Ouest devrait ainsi connaître un été très chaud et peu arrosé.

Les régions affectées par les sécheresses (en ocre) et par les inondations (en bleu). Copyright OMM
Les impacts d’El Niño sont donc bien connus. L’épisode très intense de 1997-1998 avait ainsi provoqué des inondations catastrophiques au Pérou et une sécheresse exceptionnelle en Australie. Chaque épisode El Niño est unique par son évolution, sa configuration spatiale et ses impacts rappelle l’OMM. Mais « il est généralement associé à une augmentation des précipitations dans certaines régions du sud de l’Amérique du Sud, dans le sud des États-Unis d’Amérique et dans certains secteurs de la Corne de l’Afrique et de l’Asie centrale, et à un temps plus sec en Amérique centrale, dans le nord de l’Amérique du Sud, dans les Caraïbes, en Australie, en Indonésie et dans certaines régions du sud de l’Asie ». Les prévisionnistes s’attendent ainsi à des moussons africaines et indiennes plus faibles en précipitations. Ainsi, la saison des pluies dans la corne de l’Afrique, vitale pour les populations, pourrait être moins généreuse.
Dans une vidéo publiée le 2 juin 2026, le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) Antonio Gutteres est donc très alarmiste.
« Nous devons tous accorder à cette situation le degré d’urgence climatique qu’elle représente. Les conditions El Niño jetteront de l’huile sur le feu d’une planète qui se réchauffe. Les impacts seront encore plus forts et ressentis encore plus loin. Ils traverseront les frontières à une vitesse dévastatrice. La seule réponse efficace est une action climatique à la hauteur de la crise. Il s’agit de mettre fin à la dépendance aux combustibles fossiles, d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables, de protéger les plus vulnérables et de mettre en place des systèmes d’alerte précoce pour tous ».
Source:
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