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On a testé… « Saros », le jeu vidéo d’action à son apogée

« Saros », du studio Housemarque, sort sur PlayStation 5 le 30 avril 2026.

En ces temps bellicistes, on peut déplorer qu’un grand nombre de jeux s’entêtent à nous faire regarder le monde à travers leurs réticules de visée, de Call of Duty à Fortnite. Mais Saros démontre que tirer au fusil ne signifie pas toujours abdiquer face aux pulsions destructrices.

Son protagoniste, le soldat intergalactique Arjun Devraj, est prisonnier d’une boucle infernale qui le fait renaître à chaque trépas et le contraint à persévérer dans son exploration de la planète Carcosa, un monde hostile aux contours changeants. Arjun appartient à Echelon IV, une expédition chargée de rétablir le contact avec des colonies dont la Terre est sans nouvelles. Fraîchement arrivé, son équipage semble obsédé par une présence solaire inexplicable, source d’anomalies temporelles et de démences aiguës.

La science-fiction de Saros œuvre à nous placer dans le même état de sidération que son personnage. Pour ce faire, le jeu s’appuie sur une image sophistiquée et des décors grandioses. Son influence cinématographique lorgne du côté de l’angoisse crépusculaire d’Alien 3, de David Fincher, ou du cauchemar métaphysique d’Event Horizon, le vaisseau de l’au-delà, de Paul W. S. Anderson, mais finit par tracer sa propre voie, entre déluge d’explosions et longs plans oniriques, consumant notre temps de jeu au fil de ses cycles vertueux.

Le récit énigmatique de « Saros » est entrecoupé de visions irréelles et de plans entêtants.

Pleins feux

Car Saros part sur les mêmes bases que Returnal, précédent coup d’éclat du studio Housemarque, sorti en 2021 : chaque renaissance, ainsi que la reconfiguration de la topographie des niveaux qui s’ensuit, renouvelle le plaisir de jeu au gré de lois aléatoires. Il faut alors dompter un titre fiévreux en encaissant ses coups de butoir ou risquer de périr en boucle.

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Saros adopte cependant des atours plus aimables que son aîné, distillant une forme de progression linéaire. Là où Returnal nous imposait de reprendre chaque nouvelle tentative au point de départ, le jeu nous permet cette fois, par exemple, d’améliorer notre équipement de façon permanente. Ainsi, la mort est rarement frustrante. Elle devient même un tremplin vers notre transformation en virtuose de la gâchette.

Fabuleuse invention, le bouclier permet d’absorber la puissance de certaines attaques avant de répliquer avec un coup spécial.

D’une intensité rare, les joutes armées de Saros s’appuient sur notre capacité à lire les attaques d’ennemis de plus en plus coriaces. Robotiques ou extraterrestres, tous disposent d’une panoplie de tirs colorés avec chacun ses règles et ses alertes. Certains projectiles sont inarrêtables, quand d’autres peuvent vous passer au travers ou même être absorbés. Chaque combat devient alors une chorégraphie d’esquives et de charges rythmée par des volées de missiles traçant des fleurs de lumière, magnifiques mais mortelles.

Soleil noir

En plus de trente ans d’existence, le studio finlandais Housemarque est en effet passé maître dans l’art du bullet hell, un type de jeu où l’écran est saturé par un déluge de projectiles. En ce qui concerne Saros, le joueur est suffisamment accompagné pour transformer l’enfer en exaltation divine : au fil du jeu, les anciens niveaux s’ouvrent via de nouveaux passages, nos capacités sont agrémentées de coups dévastateurs tandis qu’un système de bonus-malus nous permet de rééquilibrer la difficulté.

Mais la plus remarquable modification naît de l’Eclipse, un pacte qu’Arjun peut nouer avec les forces occultes de Carcosa pour remporter de meilleures récompenses, au prix d’ennemis bien plus déchaînés. Les niveaux s’embrasent alors : les étangs du marécage s’emplissent de poison, la cité en ruine croule sous le feu des canons d’antan…

Comme dans « Returnal », les affrontements dantesques contre des boss à plusieurs barres de vie sont les points d’orgue du jeu.

Tout cela est magnifié par les moyens décuplés de Housemarque, jadis développeur modeste, acquis par Sony en 2021. L’exploitation des fonctionnalités uniques de la manette DualSense, avec ses retours haptiques permettant de ressentir le recul des armes aussi bien que le frémissement des lasers, fait écho à un époustouflant travail de spatialisation sonore. C’est ainsi que Saros porte sa violence, ressentie autant que consentie, à son point d’incandescence.

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L’avis de Pixels

On a aimé :

Un jeu d’action frénétique, mâtiné d’exploration et porté par une atmosphère envoûtante.

On n’a pas aimé :

La surdose d’adrénaline qui nous empêche de dormir la nuit.

C’est plutôt pour vous si…

Vous rêviez d’une fusion parfaite entre les jeux vidéo Doom, Destiny et Ikaruga.

Ce n’est plutôt pas pour vous si…

Vous détestez mettre votre dextérité et vos réflexes à rude épreuve.

La note de Pixels :

Eclipse totale/10


Source:

www.lemonde.fr

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