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« Pour libérer l’école de la République », il faut s’extraire « d’une focalisation quasi exclusive sur la réussite scolaire »

Alors que le ministre de l’éducation nationale [Edouard Geffray] annonce vouloir engager « une nouvelle politique territoriale de l’école » pour anticiper la baisse démographique, estimée à près de 1,7 million d’élèves en moins d’ici à 2035, ce moment ne doit pas être pensé comme un simple ajustement technique.

Il constitue une occasion historique de refonder nos politiques publiques à partir des besoins fondamentaux des enfants et des jeunes, qu’ils soient physiologiques, de santé, de protection contre toutes les formes de violence, ou les besoins de sécurité affective et relationnelle, comme le recommandent tant le Conseil économique, social et environnemental que la convention citoyenne sur les temps de l’enfant.

Depuis trop longtemps, notre système éducatif souffre d’un déséquilibre profond. Les politiques éducatives ont progressivement relégué ces besoins pourtant fondamentaux au second plan, au profit d’une focalisation quasi exclusive sur la réussite scolaire, définie selon des normes étroites, pour répondre aux attentes des adultes.

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Ce faisant, elles ont ignoré l’essentiel : la continuité des temps de l’enfant et la complémentarité des acteurs qui concourent à son émancipation. Sortir de ce « scolaro-centrisme » est aujourd’hui une nécessité qui appelle deux priorités : le renforcement du service public de l’enseignement et l’ambition d’une véritable politique éducative.

Revaloriser le métier d’enseignant

Cela suppose d’abord de libérer l’école de la République. Lui redonner les moyens d’agir, en revalorisant le métier d’enseignant, notamment sur le plan salarial, et en améliorant concrètement les conditions de travail. La baisse démographique doit être saisie comme une opportunité pour réduire le nombre d’élèves par classe et restaurer un cadre propice aux apprentissages.

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Mais libérer l’école, c’est aussi cesser de lui demander de résoudre seule tous les maux de la société. A chaque crise, à chaque drame, l’institution scolaire est sommée de répondre. Or, à vouloir tout prendre en charge, elle finit par ne plus pouvoir remplir pleinement sa mission première : instruire et émanciper.

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Source:

www.lemonde.fr

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