L’esprit vif, le regard affûté, attentif aux autres, curieux de découvrir les faces cachées de l’actualité, c’était un journaliste passionné. Jean-Louis Saux est mort dans son sommeil, le 19 avril à 4 heures, dans un Ehpad au Bourget (Seine-Saint-Denis), où il résidait depuis un an, à l’âge de 74 ans. Il était né le 28 avril 1951 à Gensac (Gironde) de parents bordelais. Son père, garde républicain, s’était engagé dans la gendarmerie pendant la seconde guerre mondiale pour échapper au Service du travail obligatoire. Diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, il démarre sa carrière au Journal du Centre à Nevers.
A partir de 1971, Jean-Louis Saux est pigiste au Monde. Dans un premier article, il décrit les conditions de vie des apprentis lad-jockey (16 novembre 1971). Il y revient quelques mois plus tard pour raconter la création d’une section CFDT – syndicat auquel il sera fidèle – de lads, ces « prolétaires du cheval », à Maisons-Laffitte (Yvelines) (4 mars 1972). Il fait un reportage sur les « gauchistes en campagne » à l’occasion de la fête de Lutte ouvrière, à Presles (Val-d’Oise), où des militants maoïstes arborent une grande photo de Staline et se disputent avec des trotskistes (24 mai 1972). Dans d’autres articles, il manifeste sa fibre écologique en parlant des habitants de l’Ouest parisien qui s’opposent au passage de l’autoroute A86 pour « sauvegarder les forêts » ou de ceux qui s’insurgent contre la voie express rive gauche aux cris de « Des goujons, pas de goudron ! ».
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Source:
www.lemonde.fr


