Il devrait y avoir un deuxième procès DZ Mafia. Le parquet général d’Aix-en-Provence a annoncé mardi avoir interjeté appel des condamnations et de l’acquittement prononcés dans le procès de plusieurs hommes, dont deux chefs présumés de la DZ Mafia, jugés pour un double assassinat en 2019 sur fond de trafic de stupéfiants.
« Le parquet général a interjeté appel principal à l’égard de tous les accusés (présents au procès) afin que la cour d’assises d’appel dispose d’une entière appréciation et latitude quant à la graduation des responsabilités et des peines », a indiqué à l’AFP Franck Rastoul, procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence.
Les peines inférieures aux réquisitions du procureur
Mi-avril, après plus de trois semaines de procès, la cour spéciale d’assises des Bouches-du-Rhône avait condamné Gabriel Ory, un dirigeant présumé du gang criminel DZ Mafia, à 25 ans de réclusion pour avoir aidé à la préparation du double homicide. Elle avait acquitté Amine Oualane, autre chef désigné de l’organisation criminelle.
Les commanditaires des meurtres, Karim Harrat et Walid Bara – ce dernier jugé en son absence – avaient eux écopé de peines de 25 ans de prison.
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Les exécutants du crime commis dans une chambre d’hôtel près de Marseille ont été condamnés à 25 ans de réclusion criminelle pour le tireur Zaineddine Ahamada et 15 années de prison pour son complice Adrien Faure.
Ces peines étaient inférieures aux réquisitions du ministère public qui avait notamment réclamé la réclusion à perpétuité contre trois des accusés.
Concernant Walid Bara, jugé en son absence, il avait été interpellé en Espagne le jour même du verdict. Il doit être transféré vers la France, ce qui pourrait prendre plusieurs semaines voire mois. Il pourra accepter sa peine ou d’être rejugé, d’après une source proche du dossier.
« Lever le voile » sur l’organisation criminelle
Les assassinats jugés remontent au 30 août 2019 alors que le groupe criminel DZ Mafia n’était pas encore formé. Ce gang domine actuellement le marché de la drogue à Marseille et s’étend en France. Son nom a émergé après un bain de sang dans la cité portuaire en 2023, lié notamment à une guerre avec un clan rival.
La particularité de ce dossier, selon le ministère public, « c’est d’avoir levé le voile sur l’invisible », à savoir les donneurs d’ordre, trop souvent absents des tribunaux dans ces affaires de narcotrafic où seules les « petites mains » sont arrêtées.
L’une des victimes était Farid Tir, un narcotrafiquant de 29 ans sorti de prison un an plus tôt, accréditant l’hypothèse d’un règlement de comptes sur fond de rivalités dans le trafic de drogue.
Source:
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