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Izia, 23 ans, bénévole à la Cimade : « Les récits d’exil m’ont bouleversée et certains me hantent encore »

Au fond d’une petite cour du 17e arrondissement de Paris, hommes, femmes et enfants attendent leur tour pour expliquer leur problème à un bénévole. Tenter de comprendre quel justificatif leur fait défaut, comment obtenir un rendez-vous qui ne vient pas, pourquoi l’attestation promise n’est jamais arrivée. A la Cimade, association d’aide aux migrants, réfugiés et demandeurs d’asile, les mercredis et jeudis sont jours de permanence juridique. Ceux qui s’y rendent ont en commun de venir d’un autre pays et d’essayer de se faire une place en France.

Au premier étage du bâtiment, Izia (elle ne souhaite pas donner son nom de famille) peste devant son ordinateur. La jeune femme de 23 ans, cheveux longs et salopette en jean, bataille avec le site de l’ANEF, l’Administration numérique pour les étrangers en France. Face à elle, Ali (tous les prénoms ont été modifiés), la vingtaine, a le sourire doux du gars qui en a vu d’autres. Arrivé en 2023 du Darfour, une région du Soudan en guerre, il a le statut de réfugié mais tente d’obtenir une carte de résident de dix ans. Pour faire avancer son dossier, Izia lui prend un rendez-vous à la préfecture pour la fin avril. « Je lui prépare aussi un courrier en français expliquant sa situation. Sinon, sans traducteur, ils ne le recevront pas ! », déplore-t-elle, penchée sur une feuille de papier à en-tête de l’association.

Ce matin-là, Izia reçoit aussi une jeune femme mauritanienne, avec sa fille de 11 mois endormie dans les bras. Elle a bien reçu un « numéro étranger », indispensable aux démarches, mais impossible d’accéder à son dossier en ligne. La personne suivante, iranienne, parle seulement le farsi. Un homme qui patiente dans la salle d’attente accepte d’assurer la traduction. Elle a besoin d’un document de circulation pour son enfant mineure, mais personne ne lui donne la même version des démarches à effectuer. « On laisse les gens pendant des années dans des situations d’errance administrative », résume Izia, amère. Impossible, dans ces conditions, de construire une vie stable, avec un travail, un logement, des projets pour ses enfants.

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Source:

www.lemonde.fr

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