« Le RN n’est ni de gauche ni de gauche, son image sociale est largement factice »

C’est le printemps ! L’air est doux, les oiseaux pépient et, à la une de Paris Match, s’affichent des amours innocentes et princières. Dans les alcôves politiques, d’autres flirts plus discrets ont lieu. Le Nouvel Obs nous a ainsi appris que Marine Le Pen avait dîné chez Drouant, à Paris, au début du mois d’avril, avec une quinzaine de grands patrons (TotalEnergies, Accor, Engie, LVMH, Renault…). Puis, le Rassemblement national (RN) a annoncé que son président, Jordan Bardella, serait reçu à déjeuner – une première – par le comité exécutif du Medef, lundi 20 avril.

Lire aussi l’enquête | Article réservé à nos abonnés Jordan Bardella et Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, récit d’un pari médiatique

Le patronat ne faillit pas à sa réputation : offrir un marchepied à l’extrême droite, quel que soit le pays, ne lui a jamais fait peur. Vis-à-vis du RN, le président du Medef, Patrick Martin, invite au « pragmatisme » : il est « dans l’ordre des choses » que les chefs d’entreprise « se préparent à l’avenir », avait-il expliqué sur France Inter, en janvier.

Le RN, un danger ? « Tout dépend de son programme économique », avait-il répondu, visiblement peu sensible à d’autres enjeux, comme le sort des migrants ou l’Etat de droit. Aucune figure du CAC 40 ne s’est désolidarisée des banqueteurs de chez Drouant. La seule voix patronale à s’être insurgée est celle d’un mutualiste, Pascal Demurger, le directeur général de la MAIF.

Lire aussi | Le Medef « n’a pas basculé du côté du RN », affirme son président, Patrick Martin

Pour le parti d’extrême droite, l’accueil patronal est pain bénit. Si, un jour, une alliance doit se dessiner, ce ne sera pas trop difficile. Le parti n’est « ni de gauche ni de gauche » pour paraphraser François Mitterrand (qui parlait, lui, du centre). Son ennemi, ce n’est pas la finance. La divergence sur les questions économiques entre Bardella-le-libéral et Le Pen-la-sociale demeure largement factice.

Certes, dans les discours et les programmes, l’ancienne présidente du parti a multiplié les signaux en direction de l’électorat populaire, comme la défense de la retraite à 60 ans. Mais quand, concrètement, on se penche sur les votes des élus frontistes au Parlement, il est difficile de penser que le RN est « de gauche sur le plan économique », comme le martèle la droite républicaine.

Il vous reste 49.06% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source:

www.lemonde.fr

Annonce publicitairespot_img

Catégories

EN DIRECT, guerre au Moyen-Orient : le Hezbollah nie toute implication dans l’attaque contre des casques bleus qui a provoqué la mort d’un Français

L’Iran désormais privé d’internet depuis 50 jours, selon l’ONG NetBlocks La coupure de l’internet imposée par les autorités iraniennes au début de la guerre entre...

Ukraine : un homme ouvre le feu dans un quartier de Kiev, « plusieurs morts »

Un homme a ouvert le feu ce samedi dans le quartier de Demyïvka dans la capitale ukrainienne, Kiev, faisant « plusieurs morts et blessés », et s’est ensuite retranché dans un supermarché selon le maire Vitali Klitschko, selon les...

Cadmium: pourquoi la France n’agit toujours pas malgré les alertes sanitaires et les solutions

Près de la moitié des Français sont surexposés au cadmium, dont les effets néfastes pour...
Annonce publicitairespot_img