Le chaos au Moyen-Orient attise la rivalité entre la Turquie et Israël

Un conflit pourrait-il opposer la Turquie et Israël ? La réponse est non, a priori, mais la question mérite d’être posée tant l’escalade verbale entre les dirigeants des deux pays s’est accentuée, les différends se sont durcis et les tensions avivées. L’animosité, sinon l’hostilité, affichée des deux gouvernements, conjuguée à l’impulsivité belliqueuse du président Recep Tayyip Erdogan et du premier ministre Benyamin Nétanyahou et de ses proches, a atteint un point d’incandescence rarement égalé dans l’histoire récente des deux pays, pourtant fertile en épisodes de crises aiguës.

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Le 20 mars, lors de son discours de l’Aïd-el-Fitr (fête marquant la fin du ramadan), le chef de l’Etat turc a déclaré, en faisant allusion aux bombardements sur l’Iran et le Liban : « Le Moyen-Orient est en ébullition et Israël a tué des centaines de milliers de personnes. Si Dieu le veut, il en paiera le prix. Je n’en doute pas. »

La phrase, calibrée pour un public musulman mondial, prononcée au moment symboliquement le plus fort du calendrier islamique, a été largement relayée sur les réseaux sociaux sous forme de tweet officiel. Peu avant, lors d’un iftar (dîner de rupture de jeûne), M. Erdogan a déclaré que « Nétanyahou a surpassé Hitler en barbarie ». Une formule qu’il décline sous différentes formes depuis 2024, mais qui, dans le contexte du mois sacré du ramadan, prend une tournure toute particulière.

« Une montée des tensions inévitable »

En Israël, alors que les frappes sur Téhéran avaient commencé, le leader d’extrême droite et ancien premier ministre Naftali Bennett, qui se positionne pour un retour, avait déclaré, le 10 mars, à l’agence Bloomberg que « la Turquie [était] le nouvel Iran », citant l’influence turque et qatarie en Syrie et dans toute la région.

Il avait, en outre, accusé le président turc de former un axe régional « semblable à l’axe iranien », en cherchant à encercler Israël et à développer une alliance avec le Pakistan, pays doté de l’arme nucléaire. L’ex-dirigeant reprenait l’idée formulée en décembre 2025, au cours d’un sommet Israël-Grèce-Chypre à Jérusalem, par le premier ministre Benyamin Nétanyahou, selon laquelle la Turquie, sans la nommer, aurait pris la tête d’un nouvel « axe sunnite radical émergent ».

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Source:

www.lemonde.fr

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