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Édito. Face aux incendies, Emmanuel Macron confronté à ses promesses sur les moyens aériens

Emmanuel Macron défend son action en matière de sécurité civile. Mais les oppositions dénoncent les coupes budgétaires de 2024 et le retard pris dans le renouvellement de la flotte de Canadair.


Publié le 27/07/2026 07:55

Temps de lecture : 2min

Emmanuel Macron au château d’Augustusburg, à l’occasion du 26e Conseil des ministres franco-allemand à Brühl, le 17 juillet 2026. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Alors que les incendies qui ravagent la Gironde continuent de mobiliser les secours, Emmanuel Macron doit présider une nouvelle cellule de crise, lundi 27 juillet. Tout au long du week-end, le chef de l’État a remercié un à un les partenaires européens qui ont mis des avions à la disposition de la France pour lutter contre les flammes. Mais cette catastrophe remet aussi en lumière son bilan en matière de sécurité civile.

Il y a dix jours, à Fontainebleau, devant des pompiers déjà éprouvés par plusieurs jours de lutte contre un incendie inédit aux portes de la capitale, Emmanuel Macron assurait avoir « relancé la production de Canadair français ». « On n’a pas attendu cette crise pour réarmer la sécurité civile », ajoutait-il. Beaucoup de connaisseurs de la sécurité civile ont dû tomber de leur chaise, non sans raisons. Les faits, eux, nourrissent aujourd’hui les critiques de l’opposition. Depuis plusieurs semaines, La France insoumise et le Rassemblement national rappellent que le budget de la sécurité civile, et donc des pompiers, a été amputé de 53 millions d’euros en 2024.

L’année 2024 est un tournant, car cette baisse des crédits a empêché l’achat de nouveaux Canadair. À l’époque, le gouvernement cherche à réaliser 10 milliards d’euros d’économies et réduit le budget des forces de secours, alors même qu’Emmanuel Macron avait promis, deux ans plus tôt, d' »investir massivement dans les moyens de lutte contre les feux de forêts ». La France devait commander 16 Canadair afin de renouveler et d’agrandir une flotte vieillissante. Mais en 2026, seuls quatre appareils ont finalement été commandés, dont deux grâce à des financements européens. Les deux premiers doivent entrer en service en 2028, les deux suivants avant 2032. Un calendrier bien éloigné de la promesse initiale du chef de l’État.

La France s’est toutefois dotée d’un nouvel outil ce week-end : l’A400M. Habituellement utilisé pour transporter des troupes ou du matériel, cet avion militaire est désormais capable de larguer du liquide retardant sur les zones menacées par les flammes. Une première mondiale. Là encore, la polémique n’a pas tardé. Jean-Luc Mélenchon accuse le gouvernement d’avoir tardé à mobiliser ces appareils. Mais les critiques les plus sévères viennent des pilotes de Canadair eux-mêmes. L’un d’eux dénonçait sur franceinfo, ce week-end, un « effet d’annonce », estimant que les délais de rotation de l’A400M sont bien trop longs pour permettre de venir efficacement à bout des incendies.


Source:

www.franceinfo.fr

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