Le peloton va terminer le triptyque alpestre par deux arrivées successives à l’Alpe d’Huez, qui impressionnent autant qu’elles excitent les coureurs.
Publié le 24/07/2026 06:30
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Double dose d’un des rendez-vous les plus mythiques du Tour de France. Pour la première fois de son histoire, la Grande Boucle va arriver deux jours de suite à l’un de ses sommets les plus iconiques, cité en deuxième position après le mont Ventoux par Tadej Pogacar en conférence de presse un soir de la troisième semaine : l’Alpe d’Huez.
Deux arrivées de haut niveau au programme dans les derniers jours de course, pour les 19e et 20e étape, avant la traditionnelle conclusion à Paris. « Une seule fois ça aurait suffi je pense », s’est amusé Alex Baudin (EF-Education). « Mais non, je pense que c’est cool de le prendre d’un autre côté aussi. Et c’est une des montées les plus mythiques, donc de le faire deux fois, c’est une chance. »
Vendredi, l’Alpe d’Huez et ses 21 virages arriveront en conclusion d’une étape explosive de 127,9 kilomètres, partie de Gap, « un sacré défi pour les ambitieux » selon le commentaire de Christian Prudhomme à la révélation du parcours. Samedi, elle arrivera en dessert de l’étape reine et ses 5 600 mètres de dénivelé positif, après avoir passé le col de la Croix-de-Fer, le col du Télégraphe, le col du Galibier, et le col de Sarenne en rampe de lancement vers la station iséroise.
Deux tracés, deux approches, et à chacun sa préférence (ou sa plus grande inquiétude). « Des étapes comme celle de vendredi, où on est sur des montées plus courtes, sont plus dures », estime Benjamin Thomas, le pistard de la formation Cofidis. « Samedi, on est sur de longues montées, donc on gère notre effort. On sait qu’on est parti sur des montées d’une heure, on va à notre rythme, et le gruppetto s’organise. » Le Français d’EF-Easypost Alex Baudin craint aussi un moment « explosif » vendredi, et plus de risque en cas de jour sans : « Pour les étapes courtes, pour arriver dans les délais, il faut se battre jusqu’au bout. »
Demain [vendredi], pour moi, ça va, même si évidemment le départ est difficile et la journée va être dure, ça va s’apparenter à une course de côte aux pieds de l’Alpe d’Huez. Samedi, ça sera une journée avec deux très longues ascensions. C’est toujours compliqué à gérer.
Aurélien Paret-Peintre, coureur Decathlon-CMA CGM
Mais c’est bien la 20e étape de samedi qui semble le plus impressionner et inquiéter dans le peloton, avec sa longueur, ses trois cols hors catégorie et son finish au sommet. Qualifiée de « monstrueuse » par Julien Jurdie, le directeur sportif de Decathlon-CMA CGM, au début de la troisième semaine, elle fait aussi « peur » au novice Baptiste Veistroffer : « L’enchaînement Télégraphe-Galibier à mon avis c’est la montée la plus dure du Tour, parce que c’est deux cols différents, mais il y a trois kilomètres de descente entre les deux, donc ce n’est qu’une montée. » Pour Benjamin Thomas, « il en faut une [étape reine avec beaucoup de dénivelé], j’ai fait des Giro, on a fait 6 000 mètres une fois à Livigno. Il faut des étapes comme ça pour créer la légende du Tour. »
Le défi se joue aussi, forcément, dans la préparation et la gestion de l’enchaînement de ces deux gros morceaux coup sur coup. Pour Clément Braz Afonso (Groupama-FDJ), qui découvre les routes du Tour, « c’est un grand col français, mais il va falloir grimper comme une côte classique. Il faudra juste être fort et essayer de passer. » Chez Warren Barguil (Picnic-PostNL), on ne se projette pas non plus : « Déjà, on va faire les deux étapes qui arrivent et on verra samedi. »
Après deux semaines et demie de course intense, peut-il y avoir la tentation de gérer ses efforts pour arriver dans la meilleure forme possible au départ samedi ? « Non, on ne gère pas trop », répondu Bruno Armirail (Visma-Lease a bike). « On va faire au jour le jour […] Il peut y avoir une chute, il ne faut pas trop se réserver non plus pour samedi si demain on n’est plus à l’arrivée. Donc non, il faut faire au jour le jour. »
Chez les coureurs, on attend surtout une grande ambiance pour écrire un nouveau chapitre dans la montée de l’Alpe d’Huez. « Il va y avoir beaucoup de monde sur les routes et ça va être dément », attend Clément Braz Afonso. Un avis partagé par Tadej Pogacar (UAE-Emirates) : « Je m’attends à ce que ce soit fou. On l’a vu dans le Markstein, je n’avais jamais vu de foule comme ça, mais je pense que l’Alpe d’Huez peut être encore mieux. »
Je suis heureux que Urska [Zigart, sa compagne] ne soit pas venue avec ma voiture comme en 2022, la voiture avait été secouée. Je suis heureux de ne pas avoir de voiture personnelle en haut.
Tadej Pogacaren conférence de presse
Même pour les coureurs lâchés, l’ambiance de l’Alpe d’Huez peut donner un supplément d’âme, comme le raconte Benjamin Thomas : « Si on est dans une journée où on n’est pas trop mal dans le gruppetto, la montée de l’Alpe d’Huez avec tout le public qu’il y a, forcément c’est excitant et on oublie un peu la souffrance. » Il leur faudra au moins ça pour aborder ce double rendez-vous qui pourrait garder une place spéciale dans l’histoire du Tour.
Source:
www.franceinfo.fr





